Âmes à Âmes

Âmes à Âmes

Les Unis Vers de Lub et autres denrées cérébrales

jeudi 8 mai 2008

Tant qu'il y aura Vénus

L’ensemble est méthodique, chaque objet se côtoie sans critiquer l’espace  de l’autre.

Sur la table la tasse taquine les cendres, le livre reste page bée, quelques mégots s’effondrent  dans la gueule de l’âtre, la nuit mime l’étal.

Il est là contemplatif, il n’attend pas grand chose, les yeux bas, rivés sur le crépitement des flammes. Son visage accuse de sombres imperfections, la ride est moqueuse, les traits craquèlent, l’ovale n’est plus qu’une large fissure offerte aux crocs du temps.

Le café sous sa langue a comme un goût de jeûne, les derniers mois furent maigres, le sucre est un luxe dont il connaît la forme, il en a juste oublié la saveur.

Il se souvient, ses rires à bras déployés, ses déhanchements fauves, la joie qu’égrenaient ses talons lorsqu’elle empruntait le couloir d’en face.

Elle fascinait son envie, il façonnait ses courbes de cette argile pourpre que convoitaient les saints.

Ses longs doigts épousaient chaque galbe d’une précaution d’orfèvre, qu’ainsi la ronde bosse rende au ciel le moindre accent de sincérité.

Il exaltait ses reins, appuyait sa cambrure d’une sensualité féline, corrigeait ses cuisses d’une fougue flatteuse.

Il modelait sa dévotion de longues heures durant, au seuil  des pires souffrances, en oubliait le sommeil. Il chicanait l’aube comme en lui reprochant ses actes couperet, immuablement s’en suivrait le jour, la porte qui claque et les trottinements de sa demoiselle, vaporeux, alliciants à souhait.

Ces départs creusaient chaque fois plus profond  sa solitude, il les épiait depuis la mansarde jusqu’à qu’ils s’évanouissent à l’angle de l’allée.

Elle lui concédait, à son insu,  sa jeunesse, son sourire soyeux, ses attitudes crânes. Lorsqu’elle lui tournait ainsi le dos, elle offrait ses plus belles expressions, l’imaginaire comblait les cavités de son absence.

La déchirure qu’il éprouvait alors, intimait à ses mains de se remettre à l’œuvre, l’argile pérenne saisirait ses parfums, les tendres intonations  de son buste.

La mémoire se façonnait au gré de sa ferveur, quitte à ce que ses muscles en saignent, que   fulmine tout son soûl la fatigue, l’hommage se devait d’être vivant, fidèle, troublant de vérités.

Il revoit, le printemps, les clairons, la saison des amours, la cage d’escalier devenue trop austère, le mutisme du couloir d’en face.

Le vide s’est lassé d’attendre son retour, il sait que plus aucun bruit n’amusera ses affûts désormais.

Seul reste un stigmate grandeur nature, lequel défie, altier, le chêne centenaire de la cour commune, s’y pendent les regards, s’y attardent les paumes. La ronde bosse murmure la trouble tentation de tous ses membres, elle transpire charnelle, elle soupire les désirs.

D’aucuns diraient qu’elle vit tandis que lui se meurt.

Lubna

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dimanche 6 avril 2008

T(h)oma(s)wo(r)k

magritteSonia

Je te pique,
Tu te planques
Effet sismique
D’une atmosphère
Où ruses de sioux
Et haches de guerre
Se cherchent
S’expliquent
S’enterrent.
T’es mon cow boy
Je suis guerrière
Un brin Lola
Lasso, lascive
A l’offensive
De tes arrières
J’ fais une rasia
Chez rastaquouère
Lui chipe ses couettes
Et troque mon trac
Contre un gros sac
Douce aumônière
D’amour en stick
love on the rock
une gym tonique
d’apprêts en stock
qui cognent qui toquent
sous ma cafetière.
T’es mon far west
J’ suis passagère
Un brin Fahra
Fossette facile
Ficelle, faux cils
Rien n’est trop cher
Dans ce long train
Nommé désir.

Lubna !

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jeudi 3 avril 2008

Life on Mars

Cinq heures du matin, le plafond accusait le même air sombre, le lit n’était guère plus avenant, longtemps que cette chambre n’avait souffert d’aucun chahut.

Les murs retenaient de longs soupirs, le chevet supportait les humeurs de l’habitante, s’y entassaient pèle mêle, une méthodologie du sommeil, un carnet à spirale, trois photos sépia et un texte à rallonge.

Un an déjà, le temps restait de plomb, chaque chose à sa place, chaque regret bien dosé et ce souffre remugle qui ne cessait de taquiner sa langue.

Elle observait patiente, ne se plaignait de rien, ses jambes ramenées sous son cou, de cette position ovoïde  de laquelle on renaît. Elle se lovait obstinément contre ses frêles mémoires, les promesses que lui laissait entendre ce regard, cette voix comme la plus belle des tentations, et Satan à sa porte, lequel faisait les cent pas.

Le fruit défendu, l’Eden à l’est et lui si proche, qu’avait- elle à craindre ?

Les foudres célestes ? L’idée du châtiment divin la rendait insolente. Elle laissait volontiers le vent s’amuser sous son corsage, mille mains invisibles, mille désirs chuchotés le long de son échine, tout le courroux de dieu sur ces lèvres bigotes dont la forme pincée s’entêtait à l’aigreur.

Il lui tendait son rire, la chaleur de son torse, deux bras tels un navire, des mots où s’évader.

Elle s’aimait impudente, dénudée jusqu’au cœur, la faim au bout des doigts, la soif en épicentre. Trois jours, trois nuits, une mise en quarantaine.

Un an déjà, la peste était en elle, lui s’en était allé.

Elle attendait l’oubli, comme d’autres attendent l’espoir. Son esprit devenait peu à peu sélectif, il discernait le fond de la forme, focalisait sa logique sur cette heure mobile, l’heure de ses ultimes tentatives, celle où le train resta en gare, celle où le peu en valait la chandelle.

L’hiver siégea à quai, elle enfanta le vide dans la plus grande douleur.

Lui s’en était allé.

Mars et son cortège de larmes, ces giboulées chagrins qu’écoulaient les nuages, ces quelques minutes en moins et ce manque à gagner.

Dans un coin de sa chambre un lamellé collé de papiers gisait à terre, ces lettres non affranchies, écrites, stockées à demeure, de ces tentatives à radouber la structure laquelle s’effondrait un peu plus chaque jour.

Elle se leva enfin, l’absence martelait  ses tempes de coups sourds, ses jambes la portaient à peine. Il lui fallait pourtant exécuter ce geste,  celui la même qu’ils avaient ignoré puisque aimer ne se préoccupe guère des gains d’énergie, des aiguilles trotteuses, et d’avril à venir.

Elle souffla longuement, ajusta avec froideur l’horloge selon le goût des autres.

Elle précipitait mars, cette gare et l’oubli vers le gouffre printemps.

Lubna

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jeudi 27 mars 2008

Jungle drums ou la colère des bouches cousues

malentendant

La mascarade des silences, les non dits traînent immuablement la rumeur des scandales, à trop verser dans la lucidité, je sombre dans la folie tentatrice, celle de cracher mes quatre vérités aux vents et vous mentir sans contour sur les mensurations de ma croupe.

Bien assise, j’attends que les mouches volent, je m’amuse de certains bourdons, de là à ce que j’ai les abeilles il n y a qu’un pas.

Je vous présente mes irrévérences, lesquelles seront toujours plus haut placées que votre postérieur mou et vos humbles connivences

Aimer disiez vous ? faudrait –il pour cela que vous puissiez entendre toute l’envergure de ce verbe.

Vous prisez tant les sons de cloche que même le vôtre vous semble honnête . Pâques est déjà aux tisons , quant à moi j’en rajoute une couche.

Il fait un peu frais sous la lune, j’en perds mes plumes à tenter le vol au dessus des cimes , j’en deviens même hibou.

Je m’en vais me faire cuire un œuf, je vous invite à partager cette modeste omelette sous le soleil nocturne, un verre à ma droite, vos multiples visages en face, il ne manque plus que les violons, les pipeaux et autres sornettes.

Le tableau est presque achevé, ne reste que le miroir à vous tendre.

De mâles en pis , je rumine inlassablement semblables circonstances, aucune n’atténue l’effet copyright.

Quant à vous , sortez un peu de vos gongs, que j’entende vibrer les tambours de la jungle.

Interprétations multiples, la droiture claudique sur un pied , quant à moi je boîte des deux en attendant clodo.

Lubna !!!

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samedi 8 mars 2008

Intervalles

Son regard tâtait le pouls de chaque rencontre, elle aimait à sonder les silences et les multiples interprétations pour n’en retenir qu’une seule.

De celle qui lui chuchoterait l’évidence, les moments d’après, la suite ou la chute.

Elle dévisageait la vie, quitte à parfois se brûler les prunelles.

Elle n’était ni bien née ni mal venue, belle selon certains, d’une laideur intéressante selon d’autres.

Elle n’ignorait rien des disgrâces, toutes ses petites imperfections dont elle était faite, jusqu’à la faiblesse de sa lèvre inférieure, laquelle s’affligeait à plaisir lorsqu’elle était déçue ou se sentait coupable.

Eva était un équilibre, fragile oscillement entre la fierté et l’incertitude, l’aplomb et l’affaissement.

C’était selon qui elle approchait.

Il était rare qu’elle autorise le contraire, non pas qu’elle soit crâne, ses yeux et son esprit auraient pu combler à eux seuls cette prétention, Eva préférait orchestrer selon ses paradoxes tout simplement.

Elle s’ouvrait fébrile, impatiente, se refermait sans préambule dès lors que l’artifice tentait de tirer son mensonge du jeu.

Ce jour là, le gris du ciel se conjuguait à son humeur. La nuit s’était étirée indocile  sur des mémoires dont elle se serait bien passée, des regrets à dormir debout.

Elle hésitait entre la tentation, son désordre, et le repli, le précieux confort de la solitude, celui dans lequel tout se simplifiait, où rien n’était à craindre puisque rien ne s’y jouait vraiment.

L’horloge égrenait le temps plus vite que de coutume.

Un nœud avait éclos dans son ventre, plus l’heure approchait, plus il mangeait de l’espace. Il la privait petit à petit de toute conviction.

« A quoi bon ? Se disait-elle, puisque je sais ce qu’il m’en coûtera, l’unique prix de la désillusion que le regard impose.

Mes yeux ont tant sondé l’humain qu’ils en pleurent, j’en gagne chaque fois en cécité, de celle qui gangrène la langue et vous la rend de bois. »

Les aiguilles piaffaient, elles martelaient ses tempes d’un tic tac sentencieux et lui soufflaient comme un rappel à l’ordre.

Eva glissait, elle se devait d’ignorer la peur, l’enjeu dormait quelque part sur un coin de table, là où s’entassaient pèle mêle des histoires à quatre sous, des bouts de tendresse, quelques miettes de pain pour les oiseaux de passage et un livre relié de cuir brun.

Son doigt caressait  l’angle de coiffe, s’en allait  taquiner le signet de soie, lequel s’était assoupi entre deux pages.

Elle s’inquiétait de cette rencontre, ses mains trembleraient certainement, appréhension qu’elle  compenserait par quelques fausses sérénités, un détachement subtil de tout son être frisant l’insouciance. Lui, n’y verrait pas grand chose, tout au plus que du feu.

A moins qu’il soit comme elle, idée qu’elle ne négligeait pas tant leurs échanges s’étaient confondus dans les mêmes teintes.

Eva glissa un pied puis l’autre dans ce qui lui paressait le plus confortable  pour esquisser ce nouvel entrechat, enfila d’un geste prompt sa plus belle féminité, saisit la page en suspend et claqua la porte au nez de ses doutes.

Qui ira verra, souriait-elle !

Lub..na !

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jeudi 28 février 2008

Lave aquatique

Lorsque le soleil se targue de tout savoir et que l’eau lui conte bien d’autres volcans.

La lune faisait les cent pas sur les crêtes , février s’aimait doux

Mon œil en fut tout rose d’émois.

Samedi dernier, mon bel Atlantique tel que je t'aime

100_1108

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lundi 25 février 2008

Six gongs et des poussières

Ewa

http://pagesperso-orange.fr/ewahauton/

J’ai le sommeil clos dans mes paupières, les rêves coincés entre mes tempes et l’oreiller, laisse-moi quelques minutes encore, je savoure une toute autre vie que celle que tu m’offres au petit déjeuner.
J’ignore à ce jour de quelle insolence tu vas garnir le plateau, celui que tu me sers au quotidien entre l’heure d’avant et celle qui tuera mon bon plaisir.
J’observe ta nonchalance en toute indiscrétion, ce négligé que tu promènes sous mes pupilles, voilà des mois que tu m’imposes le jeûne, que mon ventre se noue et s’étrangle.
A la seule vue de ta chute dorsale, il lui en coûte quelques ulcères de plus, des épines dans l’œsophage, un ogre roncier sur le foie.
Mon chagrin s’en va se noyer dans les draps, j’étouffe mes sarcasmes en un long soupir de condoléances, c’est aujourd’hui que j’enterre la hache d’hier.

J’envoie valser tes cuisses, je bois la tasse que tu me tends, un naufrage de plus, voilà ce qu’il m’en coûtera.
Les sirènes te pointaient du doigt bel Ulysse, je n’y ai vu que du feu. De ce feu, il ne reste que des cendres, quelques charbons ardents tatoués sur mon derme, un douloureux tison en guise de palpitant.
Je quémandais Venise, tu me servis Bordeaux, son eau crasse et ses plaies, son malheur et sa vase.
Je rêvais Barcelone, tu affrétais une sombre gondole au port de la Lune.
Mon violon implorait que tu l’accordes, tu lui brisas les notes.

Mes cils couvent l’exaspération, ma bouche va enfanter d’ici peu. Elle piétine les mots de rage, tant et si bien que j’en bégaie des jurons sous la couette.
Tu me chuchotes à l’oreille le temps qui passe, tu me suggères l’éveil, un café dans une main et ta beauté dans l’autre.
Dormir encore, oublier ton croissant dans lequel je veux mordre, la tendresse de ta mie, la Garonne qui me nargue, les mouettes et mon exil.
J’envoie valser le désir, je bois la tasse, puis me rendors.

Lub..............Na !

Posté par Lubna à 23:24 - Humeur d'un jour - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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