Âmes à Âmes

Âmes à Âmes

Les Unis Vers de Lub et autres denrées cérébrales

mercredi 18 août 2010

Ich bin Keine Militaire

J’ai servi les drapeaux de ta fantaisie, fantassin kamikaze à tes pieds , j’ai juré sur mon père ne jamais déserter
J’ai servi ta nation , aucun autre pays , si ce n’est un bout d’île où je me faisais ta peau,
Une langue de terre hostile , que les bourdons léchaient lorsque ton règne frisait les plus belles arrogances
J’ai garni tes blasons , rasé tes favoris, écuyère Walkyrie, j’ai flatté volontaire le dos de tes envies
Alea jactait l’est, tu causais mal l'anglais.
J’ai servi ta raison en oubliant la mienne, aveugle et passionnée , succomber au combat, mano a mano, que ton sang fleure le mien jusqu’à que haine s’ensuive .
Tu desservais ma cause , mille fois n’est pas coutume.
Ich bin keine militaire , je livre ta tyrannie aux mains des insurgés , fasse que ta bouche trépasse dans le fond d’une bouteille, dans le lit d’une vieille aux Juda éduquée.
Ich bin keine Militaire, pour peu que ma fierté au présent se conjugue , ce n’est pas sous ton règne que je signerai la paix

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mardi 16 février 2010

Tant qu'il y aura Vénus

L’ensemble est méthodique, chaque objet se côtoie sans critiquer l’espace  de l’autre.

Sur la table la tasse taquine les cendres, le livre reste page bée, quelques mégots s’effondrent dans la gueule de l’âtre, la nuit mime l’étal.

Il est là contemplatif, il n’attend pas grand chose, les yeux bas, rivés sur le crépitement des flammes. Son visage accuse de sombres imperfections, la ride est moqueuse, les traits craquèlent, l’ovale n’est plus qu’une large fissure offerte aux crocs du temps.

Le café sous sa langue a comme un goût de jeûne, les derniers mois furent maigres, le sucre est un luxe dont il connaît la forme, il en a juste oublié la saveur.


Il se souvient, ses rires à bras déployés, ses déhanchements fauves, la joie qu’égrenaient ses talons lorsqu’elle empruntait le couloir d’en face.

Elle fascinait son envie, il façonnait ses courbes de cette argile pourpre que convoitaient les saints.

Ses longs doigts épousaient chaque galbe d’une précaution d’orfèvre, qu’ainsi la ronde bosse rende au ciel le moindre accent de sincérité.

Il exaltait ses reins, appuyait sa cambrure d’une sensualité féline, corrigeait ses cuisses d’une fougue flatteuse.

Il modelait sa dévotion de longues heures durant, au seuil  des pires souffrances, en oubliait le sommeil. Il chicanait l’aube comme en lui reprochant ses actes couperets, immuablement s’en suivrait le jour, la porte qui claque et les trottinements de sa demoiselle, vaporeux, alliciants à souhait.

Ces départs creusaient chaque fois plus profond  sa solitude, il les épiait depuis la mansarde jusqu’à qu’ils s’évanouissent à l’angle de l’allée.

Elle lui concédait, à son insu,  sa jeunesse, son sourire soyeux, ses attitudes crânes. Lorsqu’elle lui tournait ainsi le dos, elle offrait ses plus belles expressions, l’imaginaire comblait les cavités de son absence.

La déchirure qu’il éprouvait alors, intimait à ses mains de se remettre à l’œuvre, l’argile pérenne saisirait ses parfums, les tendres intonations  de son buste.

La mémoire se façonnait au gré de sa ferveur, quitte à ce que ses muscles en saignent, que   fulmine tout son soûl la fatigue, l’hommage se devait d’être vivant, fidèle, troublant de vérités.


Il revoit, le printemps, les clairons, la saison des amours, la cage d’escalier devenue trop austère, le mutisme du couloir d’en face.

Le vide s’est lassé d’attendre son retour, il sait que plus aucun bruit n’amusera ses affûts désormais.

Seul reste un stigmate grandeur nature, lequel défie, altier, le chêne centenaire de la cour commune, s’y pendent les regards, s’y attardent les paumes. La ronde bosse murmure la trouble tentation de tous ses membres, elle transpire charnelle, elle soupire les désirs.

D’aucuns diraient qu’elle vit tandis que lui se meurt.


Lubna

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jeudi 28 janvier 2010

69 doutes

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À boire tes paroles dans le fond de ton iris, le suc d'un mot ennemi qui se vautrait sous ma couche, je compte les bourdons qui un à un s'écrasent , j'envoie paitre les brebis ailleurs que dans ma panse.

L'ivresse gagne mes pas qui sous ton désir tanguent, j'ai comme une apostrophe sur le bout de mon doigt, un accent circonflexe , comme un étonnement entre deux commissures balbutiant l'impossible.

A lire tes envies j'en deviendrais même sourde à tout renoncement.

Mon ventre se tord se tend , s'initie au vertige lorsque git sous mes pieds la dernière hécatombe. Le cri s'en va penaud un vœu entre les jambes, qu'il aille croire plus loin si j'y suis !

Je suis déjà ici, là et ailleurs, et non plus sous sa coupe.

Déblatère tout ton saoul, allez , fais en des tonnes, je n'en suis plus à un gramme près de tendresse, elle m'a trop tôt snobée.

Éduque moi, je fus si mal élevée !

Fallait il dégrafer les pleines armures, une à une, la patience armée jusqu'aux canines, décrasser la plaie et le couteau qui s'y plaisait, rouillé jusqu'à la moelle, pour que revivent enfin les défuntes cornemuses ?

L'entends tu ce sol majeur, dépoussiéré de toutes larmes , planqué sous tes coutures , la fièvre d'en vivre , la rage d'en découdre , l'espoir d'en rire ?

Nos gorges déploient mille vallées, 69 routes et des misères , sous l'hémisphère nonchalamment s'aimer conquérants de la vie devant soi.

C'est comme livrer nos pires à la barbe des menteurs, négliger nos dessous pour l'étale de ces vagues, lesquelles rabâchaient de biens tristes sentences et s'en allaient mourir dans le pli de nos draps.

A croquer tes métaphores sur le bout de ta langue, la sève d'un mot meurtri qui dormait sur ma couche, je conte les diphtongues qui une à une s'épanchent, j'envoie pleurer les rivières dans d'autres creux de lit.

Je m'en vois heureuse , je m'envie vivante , je t'en veux, phalanges croisées dans le dos, croix d'émoi, croire, nous plaire, si on flanche, c'est à terre, sur le ventre, bouche à bouche, œil pour œil, les quatre rêves en l'air.

C'est comme s'éprendre de vivre à la barbe des bourreaux, au nez des potences, s'initier aux désinvoltures, 69 doutes et des jachères.

Je m'en vais croire à d'autres cultures.

Lubna

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lundi 1 juin 2009

Zéro degré Celsius

Il pleut des brumes, de ces vapeurs timides lesquelles sur ta joue ressassent la tristesse, pour mieux te consoler. Tu tirailles les pans de ta jupe, l'impudeur s'arrête à hauteur de genou.

Pas au dessus , ni juste en dessous, ici à l'équinoxe , ce bel événement anatomique où deux rondeurs se croisent chastement.

A la verticale de minuit s'ajuste ton souffle, tes sanglots hoquettent . Ravale ta salive dix fois, ils s'en iront mourir au fond de ta gorge.

Tu rêvais de ses conquêtes mille lieux sous l'hiver, ces contrées où ta peau frissonnait dans l'attente, son cœur calé entre deux icebergs, tes rires brisaient la glace. Entre vous, entrevue d'un second acte où son masque gouttait comme neige au soleil.

Il pleut du vide, de ce trou lancinant qui de ton ventre tète la belle sérénité .Tu couvais la chaleur, il enfantait le givre, un meurt -de - froid dans ta mémoire.

Zéro degré Celsius le voici qui déchante, le voilà qui dégoutte de sentiments.

Tu souris à le voir naitre, il tremble à se croire faible

Zéro degré Celsius arrêt sur tes gerçures d'hier.

Lorsque sous la banquise il noyait la passion, harponnant victorieux quelques reins de sirènes, tu quittais son navire et lui jetais la pierre qu'ainsi il coule à pic.

L’aube se prostituait sur son corps cryogène, l’amour y graillonnait, en crachait ses poumons jusqu’au dernier râle.

Tu sauvais tes meubles, il sabordait tous les étés indiens prêchant à mille et une fontaines sans aucune autre conviction qu'étancher l'aridité de son âme.

Zéro degré Celsius le voici qui chavire, le voilà qui chancelle. Sa calotte glacière grimace la crainte d'un avril conquérant.

Il pleut des brumes, à tes pieds , dans tes yeux. Pas au dessus ni juste en dessous, à la verticale de ton parapluie de fortune, il met son coeur au monde.

Lub...Na


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mardi 10 mars 2009

le Trou dans l'écuelle

reims

T’as le gris qui dégouline en cendres le long de ton pardessus, tes mains qui ne savent plus que serrer le vide, et le froid pour toute nourriture.

C’est l’espace qui claudique désormais entre tes chutes et tes avènements, la crasse qui épouse le moindre de tes replis. L’abandon, une porte que l’on claque, trois petits pas, le précipice bouché bée , le ciel n’est plus qu’un toit de fortune.

Les seules poches qui soient comblées sont celles qui habillent tes yeux, plus un billet à brûler, plus une épaule alentours qui souhaiterait que ta main s’y pose. Le trottoir d’en face pour seul horizon, une quille de mauvais vin pour compagne, ton naufrage s ‘étale à l’indifférence des passants.

Le givre étreint tes lèvres, attaque lentement ton pouls. Tu n'es plus qu'un sursis, un faible soubresaut de cœur, d'où s'échappent les pires asphyxies, bile, carbone , sarcasmes , ces mauvaises odeurs desquelles on se détourne de crainte qu'elles puissent être contagieuses.

L'hier s'amuse de toutes tes belles possessions, un navire au comptant, du plaisir à crédit, une famille le temps de quelques mensualités, de grandes et puissantes canines que le profit affichait sans vergogne.

L'hier t'intronisait roi du monde, pur-sang parmi les boiteux voués aux abattoirs du précaire.

Tes acquis piaffaient , tes désirs pianotaient le cumul des gains, le plus, féroce dictateur snobait la soustraction.

Une porte que l'on claque, un gouffre au seuil de ton palais, tes richesses accusent quelques lacunes.

L'absence se colle aux quatre coins de l'édifice, elle résonne, s'amplifie dans les couloirs. Les rires ont rendu l'âme sans préavis, ceux la même qui t'agaçaient viennent à te manquer cruellement.

S'en suivront de lents tête à tête avec toi même.

C'est l'hiver qui sonne à ta fenêtre, l'alcool qui comble les blancs, ta fortune qui s'émiette . Les vautours ont le bec long , la mémoire légère.

Les huissiers déménagent ta vie , bradent tes ambitions et te jètent sur le bitume nu comme un hère.

Aujourd'hui t'assoit moins que rien, sans logis parmi les mendiants.

L'essentiel qu'on ignore, une femme qui vous plaque, trois petits pas, ainsi font tes marionnettes, trois petits tours, trois petits pas et puis s'en vont

lub.na.

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vendredi 30 janvier 2009

SOS AMOR

Les belles prophéties, les aquarelles saisons font oublier souvent que la rose est épine, que la vie est couleuvre et les vers trop rampants

Que dire des beaux gestes quand plus aucun sourire ne se meut à l’endroit, quand plus aucun regard ne se voit à l’envers ? à l’envie d’un décor qui se nie éphémère, j'ai rêvé de pupilles qui se lisent à l'étroit, de celles entre deux yeux qui convient au repos de nos prêches meurtrières.

Que faire de ces restes quand plus aucune caresse ne s'émeut de travers, quand plus aucun égard ne s'étonne des drames ? À l'orée d'un gage qui se donne précaire, je m'affame d'une main qui s'entrouvre sous mes doigts, de celle entre deux paumes qui s'applique à l'étal de nos âmes émoussées.

Faut il encore courir quand le vent désordonne nos quatre volontés , glaner les émotions où qu’elles dorment et se gâchent , quand plus aucun retard ne s'excuse et rabâche les mêmes gouttes d'eau d'où déborde ma rage ?

Au seuil de nos idylles , s'essoufflent les poumons d’un carbone à l’amour lorsque le copyright se donne le droit d'auteur d'épitaphes funéraires, que les pages sont dévers et les langues restent de bois.

Se peut-il que l’envers soit un droit au sourire, le verso soit plus digne que l’endroit qui s’incline ? Quand nos rires courbent l'échine , qu'ils se roulent à nos pieds en faisant le gros dos, alors qu'aveugles et sourds nous contemplons les cendres sans même leur dispenser un geste de secours, le moindre bouche à bouche .

J'ai rêvé de papilles dont les sens s'aiment rois, qu'ils soient vêtus de travers , les pieds au ciel , la tête en bas, d'une veste dont le revers accuse trop d'aléas, qu'importe les façons pourvu qu'on ait l'adresse d'un monde qui à l'étroit s'appliquera aux largesses.

Lub...Na !

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samedi 3 janvier 2009

Lisa O

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Lisa aime à compter, sur ses doigts, dans sa tête, en secret , les jours qui s'effilochent, les printemps d'hier, ceux à venir. Elle émarge, elle soustrait, multiplie les amants , divise pour mieux rêver.

Lisa aime les contes ronds, histoires sans décimales, de celles où les remords n'affrètent aucune virgule, Elle lit à haute voix , épèle les caresses, d'un timbre chuchoté à l'oreille d'un hôte tenté deux rues plus bas.

Elle ourle la suggestion au sommet du palais, sème ici et là quelques silences , elle accentue les O d'un délicieux sourire, sait rendre l'âme aux E aussi muets soient ils.

Elle joue l'élocution du désir, cette tension presque palpable, un froissement de peau que le témoin capture.

Le crépuscule étire ses ombres chinoises , la pièce se recroqueville et ne laisse entrevoir désormais que ce que l'obscur dessine,

Lisa aime les fables à dormir debout , elle y chemine libre et légère, tour à tour fille de joie , tsarine, intrigante, soumettant plus d'un prince à ses seins.

Sur son passage les conciliabules s'aimantent, la rumeur enfle.

On l'aurait vu danseuse sur la scène du Fiacre avec pour seul habit un voile de goût oriental, d'aucunes la prostituent au Sultan quand certains lui taillent un costume de marquise des anges.

Au fil des pages, comme un parfum de souffre lequel est expiré d'entre ses lèvres.

Lisa aime à nager, sur le dos, à contre courant, les songes en poupe, le ventre à l'air. Femme flibustier, mante corsaire , Lisa Offenbach, la nuit venue, est de toutes les audaces.

Elle détrousse les sirènes de leurs enchantements , elle saborde la barque où Ulysse l'a clouée. Poséidon dompte les hippocampes, elle , belle néréide vole sur la surface des eaux.

La Lune s'est étendue, le fauteuil au placard, Lisa aime à trotter sur les pointes, dans sa tête, elle réinvente les jours qui s'effritent, les hivers meurtriers, ceux passés à souffrir. Elle court, elle papillonne, se plait à mille mouvements, s'évade pour mieux marcher.

Elle réinvente l'usage de ses membres.

Lubna

Posté par Lubna à 09:23 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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