lundi 1 juin 2009
Zéro degré Celsius
Il pleut des brumes, de ces vapeurs timides lesquelles sur ta joue ressassent la tristesse, pour mieux te consoler. Tu tirailles les pans de ta jupe, l'impudeur s'arrête à hauteur de genou.
Pas au dessus , ni juste en dessous, ici à l'équinoxe , ce bel événement anatomique où deux rondeurs se croisent chastement.
A la verticale de minuit s'ajuste ton souffle, tes sanglots hoquettent . Ravale ta salive dix fois, ils s'en iront mourir au fond de ta gorge.
Tu rêvais de ses conquêtes mille lieux sous l'hiver, ces contrées où ta peau frissonnait dans l'attente, son cœur calé entre deux icebergs, tes rires brisaient la glace. Entre vous, entrevue d'un second acte où son masque gouttait comme neige au soleil.
Il pleut du vide, de ce trou lancinant qui de ton ventre tète la belle sérénité .Tu couvais la chaleur, il enfantait le givre, un meurt -de - froid dans ta mémoire.
Zéro degré Celsius le voici qui déchante, le voilà qui dégoutte de sentiments.
Tu souris à le voir naitre, il tremble à se croire faible
Zéro degré Celsius arrêt sur tes gerçures d'hier.
Lorsque sous la banquise il noyait la passion, harponnant victorieux quelques reins de sirènes, tu quittais son navire et lui jetais la pierre qu'ainsi il coule à pic.
L’aube se prostituait sur son corps cryogène, l’amour y graillonnait, en crachait ses poumons jusqu’au dernier râle.
Tu sauvais tes meubles, il sabordait tous les étés indiens prêchant à mille et une fontaines sans aucune autre conviction qu'étancher l'aridité de son âme.
Zéro degré Celsius le voici qui chavire, le voilà qui chancelle. Sa calotte glacière grimace la crainte d'un avril conquérant.
Il pleut des brumes, à tes pieds , dans tes yeux. Pas au dessus ni juste en dessous, à la verticale de ton parapluie de fortune, il met son coeur au monde.
Lub...Na
mardi 10 mars 2009
le Trou dans l'écuelle
T’as le gris qui dégouline en cendres le long de ton pardessus, tes mains qui ne savent plus que serrer le vide, et le froid pour toute nourriture.
C’est l’espace qui claudique désormais entre tes chutes et tes avènements, la crasse qui épouse le moindre de tes replis. L’abandon, une porte que l’on claque, trois petits pas, le précipice bouché bée , le ciel n’est plus qu’un toit de fortune.
Les seules poches qui soient comblées sont celles qui habillent tes yeux, plus un billet à brûler, plus une épaule alentours qui souhaiterait que ta main s’y pose. Le trottoir d’en face pour seul horizon, une quille de mauvais vin pour compagne, ton naufrage s ‘étale à l’indifférence des passants.
Le givre étreint tes lèvres, attaque lentement ton pouls. Tu n'es plus qu'un sursis, un faible soubresaut de cœur, d'où s'échappent les pires asphyxies, bile, carbone , sarcasmes , ces mauvaises odeurs desquelles on se détourne de crainte qu'elles puissent être contagieuses.
L'hier s'amuse de toutes tes belles possessions, un navire au comptant, du plaisir à crédit, une famille le temps de quelques mensualités, de grandes et puissantes canines que le profit affichait sans vergogne.
L'hier t'intronisait roi du monde, pur-sang parmi les boiteux voués aux abattoirs du précaire.
Tes acquis piaffaient , tes désirs pianotaient le cumul des gains, le plus, féroce dictateur snobait la soustraction.
Une porte que l'on claque, un gouffre au seuil de ton palais, tes richesses accusent quelques lacunes.
L'absence se colle aux quatre coins de l'édifice, elle résonne, s'amplifie dans les couloirs. Les rires ont rendu l'âme sans préavis, ceux la même qui t'agaçaient viennent à te manquer cruellement.
S'en suivront de lents tête à tête avec toi même.
C'est l'hiver qui sonne à ta fenêtre, l'alcool qui comble les blancs, ta fortune qui s'émiette . Les vautours ont le bec long , la mémoire légère.
Les huissiers déménagent ta vie , bradent tes ambitions et te jètent sur le bitume nu comme un hère.
Aujourd'hui t'assoit moins que rien, sans logis parmi les mendiants.
L'essentiel qu'on ignore, une femme qui vous plaque, trois petits pas, ainsi font tes marionnettes, trois petits tours, trois petits pas et puis s'en vont
lub.na.
vendredi 30 janvier 2009
SOS AMOR
Les belles prophéties, les aquarelles saisons font oublier souvent que la rose est épine, que la vie est couleuvre et les vers trop rampants
Que dire des beaux gestes quand plus aucun sourire ne se meut à l’endroit, quand plus aucun regard ne se voit à l’envers ? à l’envie d’un décor qui se nie éphémère, j'ai rêvé de pupilles qui se lisent à l'étroit, de celles entre deux yeux qui convient au repos de nos prêches meurtrières.
Que faire de ces restes quand plus aucune caresse ne s'émeut de travers, quand plus aucun égard ne s'étonne des drames ? À l'orée d'un gage qui se donne précaire, je m'affame d'une main qui s'entrouvre sous mes doigts, de celle entre deux paumes qui s'applique à l'étal de nos âmes émoussées.
Faut il encore courir quand le vent désordonne nos quatre volontés , glaner les émotions où qu’elles dorment et se gâchent , quand plus aucun retard ne s'excuse et rabâche les mêmes gouttes d'eau d'où déborde ma rage ?
Au seuil de nos idylles , s'essoufflent les poumons d’un carbone à l’amour lorsque le copyright se donne le droit d'auteur d'épitaphes funéraires, que les pages sont dévers et les langues restent de bois.
Se peut-il que l’envers soit un droit au sourire, le verso soit plus digne que l’endroit qui s’incline ? Quand nos rires courbent l'échine , qu'ils se roulent à nos pieds en faisant le gros dos, alors qu'aveugles et sourds nous contemplons les cendres sans même leur dispenser un geste de secours, le moindre bouche à bouche .
J'ai rêvé de papilles dont les sens s'aiment rois, qu'ils soient vêtus de travers , les pieds au ciel , la tête en bas, d'une veste dont le revers accuse trop d'aléas, qu'importe les façons pourvu qu'on ait l'adresse d'un monde qui à l'étroit s'appliquera aux largesses.
Lub...Na !
samedi 3 janvier 2009
Lisa O
Lisa aime à compter, sur ses doigts, dans sa tête, en secret , les jours qui s'effilochent, les printemps d'hier, ceux à venir. Elle émarge, elle soustrait, multiplie les amants , divise pour mieux rêver.
Lisa aime les contes ronds, histoires sans décimales, de celles où les remords n'affrètent aucune virgule, Elle lit à haute voix , épèle les caresses, d'un timbre chuchoté à l'oreille d'un hôte tenté deux rues plus bas.
Elle ourle la suggestion au sommet du palais, sème ici et là quelques silences , elle accentue les O d'un délicieux sourire, sait rendre l'âme aux E aussi muets soient ils.
Elle joue l'élocution du désir, cette tension presque palpable, un froissement de peau que le témoin capture.
Le crépuscule étire ses ombres chinoises , la pièce se recroqueville et ne laisse entrevoir désormais que ce que l'obscur dessine,
Lisa aime les fables à dormir debout , elle y chemine libre et légère, tour à tour fille de joie , tsarine, intrigante, soumettant plus d'un prince à ses seins.
Sur son passage les conciliabules s'aimantent, la rumeur enfle.
On l'aurait vu danseuse sur la scène du Fiacre avec pour seul habit un voile de goût oriental, d'aucunes la prostituent au Sultan quand certains lui taillent un costume de marquise des anges.
Au fil des pages, comme un parfum de souffre lequel est expiré d'entre ses lèvres.
Lisa aime à nager, sur le dos, à contre courant, les songes en poupe, le ventre à l'air. Femme flibustier, mante corsaire , Lisa Offenbach, la nuit venue, est de toutes les audaces.
Elle détrousse les sirènes de leurs enchantements , elle saborde la barque où Ulysse l'a clouée. Poséidon dompte les hippocampes, elle , belle néréide vole sur la surface des eaux.
La Lune s'est étendue, le fauteuil au placard, Lisa aime à trotter sur les pointes, dans sa tête, elle réinvente les jours qui s'effritent, les hivers meurtriers, ceux passés à souffrir. Elle court, elle papillonne, se plait à mille mouvements, s'évade pour mieux marcher.
Elle réinvente l'usage de ses membres.
Lubna
lundi 3 novembre 2008
Morphée et les Sept Nains
Tes larmes ne cessaient de me rabattre le cœur, quant aux miennes elle divisait mon ventre pour mieux y régner. Nous nous aveuglions l’un l’autre sans jamais percevoir qu’à côté périssaient nos automnes.
Tu fleurais l’âge mur, l’âge des aubes vives où le soleil se plait à conquérir les dermes printaniers, de ceux que la vie n’a pas encore flétris, de ceux que la mort n’est pas prête d’oublier.
De mes mains j’escarpais tes montagnes, je conjurais le sort dans lequel nous coulions.
Notre histoire chaloupait, belle hargneuse, toutes griffes dehors, toute haine dedans.
Nous nous méprenions sur le langage à tenir, ne serait ce que ce mot de travers, ton rictus méprisant coincé dans ma gorge, ma croyance farouche figée dans ta prunelle.
Je blessais tes butins, tu désossais ma foi.
Que n’aurais- je pas vendu pour que l’instant périsse, que nos rires passés reviennent à la surface.
Le diable tentait mes derniers jeûnes, je m’affublais de rouge, dessous, dessus, un peu beaucoup, furieusement.
Ma bouche s’aimait coquelicot, mon buste cerise.
De mon corps t’offrir le plus juteux banquet qu’ainsi ces belliqueuses crépissent aux oubliettes, que tes doigts de nouveau s’accordent à mes dessins.
Je rêvais de sillages, de profonds interstices où noyer ces beautés trop égales, de fonds de cale, de cachots poussiéreux, de cache misère, la jalousie servait grassement mon sommeil, tandis que tu épuisais tes quarante hivers à satisfaire le plaisir.
La folie pointait du doigt ma tempe, sept balles, sept tentatives, autant d’années à servir ma passion, le vide au centre. La case en moins dont tu m’affublais sauverait – elle ma peau ?
Roulette russe, le choix du roi entre mes paumes, ta chute du trône, la trace écarlate de tes courtisanes, j’efface l’humiliation d’un déclic létal, j’endors la colère, ton indifférence, j’estompe nos rides d’un coup sec.
Mes derniers arguments au bout de la détente, le rouge taillerait un tout autre costume à notre histoire.
Mes larmes abreuvaient l’aurore, je maudissais Morphée, ses cruelles perspectives, ses morbides cinq à sept.
Tes bras enveloppaient mes veines, ton souffle taquinait ma nuque.
Notre amour attendrait bien sept fins de plus.
Lub..Na
mardi 7 octobre 2008
True Romance en R majeur...
( une archive dont on se passe, un de mes premiers textes en prose dont la forme touche le fond)
C’est comme une de ces nuits où la sonnerie du téléphone résonne d’une façon étrange, où sans le savoir le temps ne sera plus jamais le même, les sons seront comme un autre écho, lointain si détestable.
C’est comme cette soirée où tout semble impalpable, où la vie se terre, un silence morbide puis un déchirement, une balle en plein ventre, et le temps suspendu à jamais sur une même et unique douleur, sur un même et éternel refrain, sur le même et semblable cri.
C’est comme cette date, où le rire se teinte de jaune, la musique de sarcasme, et mon humeur se voile de noir, ton visage s’estompe et revient dans mes songes, irréel, abstrait, physiquement absent, affreusement absent.
C’est comme ce jour où je suis ce cortège, cette caricature de foule inconsolable, où plus rien ne m’importe que de t’entendre au vent, de te toucher en terre, et m’allonger ici, près de toi, te consoler, te cajoler, t’engueuler encore et une dernière fois. Qu’à jamais nous puissions encore nous insulter, nous battre, et qu’à jamais nos blasphèmes puissent nous rapprocher encore.
C’est comme ces souvenirs, que je garde en mon âme, ton humeur exécrable, ta chute vers la mort toxicomaniaque, tes allures de princesse déchue, et mon amour vers toi, ma lutte pour et contre toi, mon obsession sauvage de te sauver enfin, de te garder vivante, près, ici, tellement tactile.
C’est comme un article de presse, anodin, une dizaine de lignes anonymes et froides, un vieux journal plié dans ma mémoire, et la chape de plomb qui me serre le bide !
C’était une nuit, une date, un dimanche plus exactement, une fin de vie à la con contre une vie à la con, un bout de trottoir que ta tête a heurté, une piqûre de trop, des amitiés en trop, un amour de maquereau pour une môme de trop.
Je me cogne depuis cette putain de douleur, qu’aucun antalgique, qu’aucun cataplasme ne pourra atténuer,Une espèce d’arthrose cervicale à force de vouloir toujours encore tourner la tête pour t’attendre, Une allergie aux notes secouées que tu affectionnais, je ne peux plus souffrir Bowie et je lui coupe la parole dès qu’il se met à fredonner.Une furieuse envie de t’aimer à jamais, de repeindre nos photos de frangines en histoires moins sordides.
Lub....Na
lundi 6 octobre 2008
PAS DE DEUX
7.01, le soleil se brise les côtes à tenter l’escalade dans un ciel trop gris. Les nuages obstruent ce qu’il reste de beau, le vent souffle d’autres tempêtes alors que la terre gémit sous ta peine.
Tes pas comme des tâtonnements, tes pas comme le désaveu, l’échec dans une paume, ta dignité dans l’autre, la conscience oscille douloureusement. Tu tangues…
A savoir si tout se voue à la chute, si rien ne se plait à l’espoir.
Deux ans, le vide auquel on s’acoquine, l’amertume à laquelle on boit, et ces verres qui n’en finissent plus d’écouler le sordide. S’user jusqu’à la lie quitte à devenir aveugle, que ce manque cruel puisse se taire enfin.
La douleur du détachement, que chaque particule de sa peau puisse s’effacer, que ses grands yeux ne trahissent plus tes mensonges, une goutte de plus versée à ta mémoire qu’ainsi tes nuits ne punissent plus les jours à venir.
Ton corps déchiré entre la tentation du terminus et celle du gouffre, il n’est pas une trame à laquelle tu n’aies pas songé, il n’est pas un rail qui sommeille.
Deux ans, les couloirs muets, les portes devenues discrètes, son parfum qui s’estompe dans le creux de ta bouche, s’émietter jusqu’à la folie faute d’écumer les heures blanches dans les bas fonds.
Le zinc s’est accoutumé au poids de tes coudes, les matins à tes gueules de bois chroniques.
Désormais ta langue épaisse ne sait plus que zézayer lorsqu’elle apostrophe, immorale, les éphémères passantes. Leurs gorges généreuses, leurs bas frivoles, qu’elles cessent donc de rafraîchir tes déboires !
Les mêmes, semblables, une suite hémophile de poupées russes, pas une pour racheter l’autre !
Cette autre dont le regard accusait tes renoncements, cette autre que tu tentes de noyer dans le cul d’une bouteille.
Il fut un jour, récureur d’espérances, de cette paille de fer qui broie ta bile quotidiennement, celui qui martèle ton pouls à coups de poignards, le jour où tes enfants à ses basques, toi à ses trousses, la mort au tournant, elle te quittait.
Depuis, le soleil se casse les côtes à vouloir pénétrer ton coeur, l’alambic sert généreusement ta cause , il n’est pas un verre qui souffre de solitude.
Lub..na !
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