jeudi 28 juin 2007
Qu’il fait humide par ici, ça suinte, ça dégouline, un long goutte à goutte silencieux. Les bouches se sont tues , les yeux se ferment tandis que les cent pas se suivent les uns après les autres.
L’ennui se mord les doigts, le temps lui se faufile, l’écho s’aime naufragé des aubes qui font trop de vagues.
La mousse étreint les murs de ce petit pavillon, la poussière se frotte au moindre mot.
Je tousse…voilà l’été.
Lubna
mercredi 27 juin 2007
Carnets de bord
Les mots sont une falaise, une altitude au vent, vaste ventre où fourmillent les nuisibles, petits insectes patibulaires qui rendent nos nuits pâles, nos visages blafards et nos humeurs grincheuses.
Ces voraces n’ont de cesse que de vouloir parler, dire, voire même hurler, exulter d’une folie tapageuse.
Ils respirent fort, mangent gras, puent de la bouche, ils exhalent nos vapeurs fétides, de ces fièvres nocturnes, tord- boyaux d’insomnies. Le sommeil est hostile, nos pensées carnassières, de là à ce que la tête en pâtisse, il n’y a qu’un pas de mouche.
Ces petits grignoteurs s’accoudent à notre lit, et tirent par les pieds nos esprits somnambules.
A la longue ils épuisent, à éviscérer ainsi l’en dedans du sommeil.
Nous tentons donc l’épreuve, du grand saut dans le vide, tomber de ce perchoir sans aucun filet.
Voilà des mois que je déboule, dégringole, pendille, trébuche.
Je me suis laissée aller au vertige, le vertige m’a pris par le cou puis m’a jeté dans le précipice, le pourpre me fait de l’œil, les fantômes m’aguichent, le patriarche est mille pieds sous sol, l’anis me donne toujours la nausée.
Je ne suis qu’une enfant qui joue avec son foie, qui se fait de la bile pour de multiples raisons sans en connaître le véritable goût.
Les mots se sont accoudés à mon rire un soir, ils ont susurré à mon lobe, il est temps, petite fille, il est temps !
Bouche bée, incrédule, j’essayais de comprendre, moi qui courrais après mes restes, qui essoufflais ma mémoire, fallait-il que j’allonge les foulées, que je saute les gouffres, que j’enterre au plus vite les heures à rallonge ? Que je bénisse père et mère, absoudre leurs fautes que je puisse reposer en paix ?
Le verbe prit alors la parole et y joignit le geste, il desserra mes dents, il dénouât mes tripes, il déliât ma langue.
Les histoires naissent ainsi, quand les vies se murmurent, que les peaux se libèrent d’un passé trop gluant. Les lèvres alors s’entrouvent, les sons se font entendre, qu’ils soient sons de misère, de beauté ou d’aigreur, qu’ils soient ronds, tranchants, mollusques ou carnivores.
Je choisis cette ivresse quitte à ce qu’elle tue mes derniers métastases , cette longue tumeur psychologique nourrice de céphalées.
Je vais bien mieux depuis la tentation, certains visages me quittent, d’autres s’ancrent à mes yeux.
L’histoire ne fait que débuter.
J’ai dans mes valises sous orbite, un scaphandre, un crayon quatre couleurs, une feuille à dessin, quelques miettes de haine, un pull pour les frimas, des saisons chavirées, un couteau à double tranchant, des syllabes pour le dire, des mots pour le gueuler !
Lubna
lundi 25 juin 2007
12C4
Un de ces quatre
Je vais faire les 400 coups
Pendre mes jambes à ton cou
Et me la jouer acrobate
Toi dessus, moi dessous
au dessus à quatre pattes
sans pudeur ni tabous
un de ces quatre
je m’en vais te rendre fou
de mes seins, à genou,
frappa dingue , psychopathe
animal, presque loup,
sous ma lune tabernacle
de ce suc aigre doux
un de ces quatre
j’enfoncerais le clou
mes caresses bout à bout
mon corps tel une trappe
quitte à me prendre le chou
sur des farces et attrapes
que t’en deviennes coucou
un de ces quatre
je veux voir tes yeux d’hibou
s’agrandir d’un seul coup
qu’un beau rouge écarlate
sublime la peau de tes joues
lorsque sans pardessus
je brûlerai les étapes
un de ces quatre
je vais faire les 400 coups
que ce soit sans deux sous
de conscience avocate
me donner sans dessus
et même sans dessous
à tes mains délicates
à tes doigts , bels époux
de mes envies pirates
pilleuses de tes bijoux.
bon y a des jours comme ça où je fais simple
puis je me dois de réviser certaines bases grammaticales
mon dieu pardonnez moi !
Lub....Na !
jeudi 21 juin 2007
Adieu, je renaîs
Le temps se défile, je te vois courir les deux mains dans les poches l’air de rien. Je vois tes jambes sauter le parapet puis l’absence, ainsi que l’oubli.
Je me suis accrochée à tes basques quelques instants, je me croyais vivante, rapide, preste comme le vent. J’en semais des distances, j’en couvrais des tonnes de bitume d’un pas résolu, affirmé, téméraire.
J’aurais pu grimper les dunes à cloche -pieds, griffer les falaises, arc- bouter les arbres, qu’ainsi la hauteur épouse mon désir, que l’altitude me berce d’ivraie.
La vie devant soi, le gouffre à nos trousses, l’entier plaisir d’écumer l’orange planète, comme un avant goût de victoire, de glorieuses batailles, priser ta paume dans la mienne, que rien ne nous détache, que nul ne découse nos serments.
Le temps se moque, le temps s’en fout, je te vois encore, tu sais ? Ma mémoire est intacte, affamée de ta bouche, en quête de tes yeux, soumise à la fièvre. Mes nuits sont troubles, j’en sue des envies, des amalgames de chair, à trop te souffrir, j’en perds mon essence, mon fluide sensuel, d’un lent goutte à goutte suppliciateur.
Ca m’arrache la bile, ça me crispe le foie, le manque dévore mon sourire, quant à toi tu te jètes à corps perdu dans les bras de l’éphémère.
J’en ai mal aux côtes, mes membres recroquevillés, soudés les uns aux autres, le vide est moins cruel. Je voudrais combler tous les interstices que tu as délaissés, réchauffer toutes les embouchures, remonter mes larmes à contre courant quitte à boire à ta tasse.
Je ne suis qu’une naufragée de plus dans ton cynique sillage, une pitoyable Robinson laquelle gratte les restes pour te survivre encore, résister au déclin.
J’en crève mes abcès, j’en troue mes amertumes, ma fierté n’est vêtue que de guenilles, des bouts de conscience auxquels je me suspends désespérément.
Et pourtant sache que
Tu ne me verras pas mourir de sitôt, je n’en suis pas à ma première tempête, j’en mordrais même la poussière de toute ma rage. Je sais ce qui me guette au tournant, la page en lambeaux, l’écriture qui salive une encre noire, furieuse et colérique, des insomnies tapageuses, des cris inhumains, des déchets régurgités, l’absence, le manque puis…le déclin de tes outrages.
Je souris, laisse moi combattre seule l’armée des douze fantômes .J’éprouve une jubilation enfantine à vouloir te tourner enfin le dos, qu’ainsi ma croupe t’offre ses sincères condoléances.
Lub.....na !
mardi 19 juin 2007
J'ai faim !
Vous ai-je ciré le bout des semelles pour qu’ainsi vous convoitiez mes plus petits désirs ? Aurais-je lapé vos langues de serpent quitte à perdre la mienne ?
Je ne tire jamais les roses de la bouche, qui plus est lorsqu’elles sont fanées. Je les aime sur pied, de préférence rouges, pulpeuses, indécentes, gourmandes à souhait. Je ne me pique de leurs épines que lorsque la couleur est donnée, franche, rude, sans fioriture.
Je mâchouillerais bien leurs pétales d’envie, un tantinet peste, un poil mesquine et jalouse ! Croquer leurs parures puis d’un mors complaisant, les voir souffrir leur jus jusqu’à que sève s’en suive.
Je ne suis point aimable, n’en déplaise à vos chiots de basse cours, lesquels jappent, hypocrites, à l’appel de vos cors. La chasse m’insupporte tout autant que les bals, l’on y court sans raison après je ne sais quelle robe, si ce n’est celle du cerf, ce sera celle des gueuses aux abois.
Vous ai-je brossé le poil dans le sens des convenances qu’ainsi vous ne tarissiez plus d’éloges à mon égard ?
Aurais-je vendu ma peau de diablesse saltimbanque contre trois quolibets ou fifrelins de la haute ?
Ma carne n’est pas à plaire si ce n’est aux sauvages, aux fous que j’affectionne, aux éperviers frondeurs. Mes yeux tâtonnent leurs vols, accrochés à leur grâce, je soupçonne le ciel d’un élan de clémence lorsque ces becs crochus piquent du nez devant mon point d’admiration.
Ma bouche alors se tait d’une éloquence précieuse.
Le monde est à vos pieds ? Il se dérobe à mes orteils, à croire que nous ne foulons pas la même croûte terrestre.
Un instant je vous prie, je vacille sur mes pointes, ivre, insolente, goguenarde.
Le vent se veut rieur, quant à vous, je vous pleure. Tout au plus je gémis.
J’aime à vivre en tourmente, de la fougue dans mes veines, des mots colts dans le ventre, que balles sifflent vos injures au millimètre près.
Vous aurais-je donc fâché qu’ainsi vos dos se cambrent, que vos bouches deviennent fourches que vos regards bivouaquent en plein air alors que je suis enfermée ?
Les minauderies m’affectent, les complaisances me font tousser, les bonnes manières m’affament.
Il est temps de passer à table, les vengeances tiédissent, j’ai goûté d’amuses gueule, j’ai soupé de politesses, venons en aux mets qui se dégustent chaud !
Détestez-moi que la nausée me prenne, que mon nœud puisse vomir mes plus beaux mots d’amour !
Lub...na !
jeudi 14 juin 2007
Palpitations
Je voudrais me vivre, la bouche bâillonnée, barricadée, que seuls mes yeux puissent cligner à la lueur du monde, qu’ainsi d’un cil, l’infime battement fasse cesser la discorde, les reproches mal lavés, ces amertumes souillons qui brûlent mon œsophage, lesquelles j’expulse d’un rot parfois tonitruant lorsque je me dois de répondre à vos points d’exclamations.
Je m’aime dédaigneuse, campée sur mes talons, de cette fierté bohème, de ce regard de braise qui s’adresse aux sourds, de ce déhanchement qui s’épouse aux aveugles, de ces pas volontaires appliqués au bitume lorsque la foule s’éprend d’une vaste solitude et que le cœur des rues s’effiloche en un fil sinueux, un curieux serpentin au creux duquel la vie bivouaque, gamine des faubourgs, insolente, tentatrice.
Voyez comme elle se rit sous le malin soleil de ce que pensent les pieux, les atrophiés du rire, ces castrateurs eunuques qui punissent toute jouissance. Elle porte jupe courte et corsage entrouvert que le facétieux vent ne cesse d’entreprendre, son derme s’expose aux hommes, à leur faim printanière, la vie porte ses vingt ans et j’en accuse quarante.
Comme une envie soudaine de recoudre mon corps, que seins, ventre et fessiers s’harmonisent diaboliques, qu’ainsi vengeance soit faite à ce tableau complexe légué par mère et père.
Je voudrais me voir juchée cinq étages plus haut, le nez dans l’atmosphère, les cheveux en bataille, le cœur désordonné, que palpite ma peau à l’ombre des nuages, les envies suspendues à des esses funambules, la conscience au palier.
Je m’aime rossignol, cantatrice comique, de cette voix du ventre qui vous secoue profond, vous déride les mœurs en des bémols moqueurs, lorsque le spleen s’éprend d’un trop grand appétit et que les larmes féroces reviennent à la charge, kamikazes, suicidaires.
Voyez comme elles se veulent volontaires, audacieuses ! Elles se collent à mes joues , se glissent dans mes rides, s’agrippent à mes lèvres, elles ignorent ma foi , écrasent mes croyances d’un dédain carnassier.
Comme un désir furieux d’absorber leur liqueur, entreprendre leur source à coups de langue moqueuse, que le désert assiège la mélancolie et que périssent les peaux de vaches , nourrices de ces tyranniques armées .
En mon nœud trémulent les secousses, trépignent les impatients , mes pieds frappent la terre , ne pas rendre les armes quitte à mordre le sol, la mort viendra bien assez tôt.
Lub...........na !!!!!!!!!!!!!
mardi 12 juin 2007
et de tes rêves Herbert...
Regarde donc ton nombril comme il est blanc, lactescent, infatué de lui-même. Petite protubérance au-dessus de tout soupçon qui éclaire tes journées d’une bonne dose d’auto satisfaction.
D’ailleurs dès le matin, tu te perds en contemplation, tu tendrais même ton ventre vers le sommet de la perfection.
Dès ta naissance on s’appliqua à le parfaire, d’un nœud poncif d’orgueil, l’on scellait ce pacte avec ton ego centré sur ton unique personne. Lui et le reste du monde, ton futur horizon d’un parfait rectiligne tracé.
Soigné de mille attentions, de la pommade à la brosse à reluire, rien n’était trop onéreux pour ce petit appendice.
Gavé de culture, repus d’écriture, traîné de tous bords et bancs voltaires, son volume croissait et ton cerveau d’autant. Tu n’étais plus ainsi qu’un homme à la tête de chou, farci à la mode de chez vous. A la mode, à la mode…
Farce mégalomaniaque dégrossie de mets orgiaques, ne manquait plus dans la chair à pâtés philosophiques qu’une petite touffe de persil géographique, et une toque de chef sur le sommet de ton crâne pensant.
Qu’en est-il de toi et de tes rêves Herbert ?
Et de ton excroissance tuberculeuse
Cirée à grands coups de pompes solitaires,
Qui de sa propre image, devint admiratrice.
Qu’en est-il de toi et ton vers bien esseulé,
Celui même qui gigote en tes entrailles
Et qui de rimes, maximes fait ripaille,
Avide de savoir pour ne point le partager.
Laisse donc entrevoir, béante, ta cicatrice !
Laisse la donc suinter !
Du trop plein de fierté
De romans indigestes
D’épiques manifestes
De raclures verbales
De physique éthérée
De psaumes érodés
D’attaques cérébrales.
Qu’en est-il de toi et de tes livres ouverts ?
Et de ta bouffissure arrogante
Nourrie et engrossée de science patibulaire,
Qui de son gras, s’admire, suffisante.
Qu’en est-il de toi et ton vers casanier,
Lequel n’a de cesse d’ingurgiter encore
Pour n’être que luisant, fat et immodéré
Convoiteux de lauriers, de diplomes inodores.
Laisse nous admirer, l’orifice baîllant !
Lequel se meurt d’ictère
De maladie mentale
De psychose patentée
De névrose figée
Paralysie labiale
D’ego centrifugé
Surdimensionné
De solitude amère.
Qu’en est-il de toi et de tes pauvres chimères ?
De ta bosse scientifique
Aigrie , concupiscente de délices lettrés,
Qui, de sa nourriture, ne veut rien dispenser.
Qu’en est-il de toi et ton vers sclérosé ,
De plaques sémantiques
De palabres antiques
Lequel , pauvre bougre, s’est vu attribué
En héritage cynique, la cécité d’Homère.
Qu’en est-il de toi et de ta réclusion Herbert ?
De ta taille complexe, tu voulais te venger.
De mesures annexes, des centimètres gagner.
Qu’en est-il de toi et de tes rêves Herbert ?
Ta folie des grandeurs contre peu d’altitude
Ta boulimie livresque
Ton nombril gigantesque
Confortait ton parcours en de basses attitudes.
Il suffisait seulement d’un peu de grandeur d’âme…
(Ô mages....)
Lub...Na !!!
dimanche 10 juin 2007
Capitaine Atrabile
Voilà des années qu’il s’arrache les foies, les yeux dans ses ténèbres, les yeux dans son ventre noué, il ausculte, fouille, un peu comme à l’instinct, reniflant les moindres arabesques, sinuosités ventriculaires, où lui seul soupçonne la présence d’un terrible secret.
Des lustres que ce poids lui fait traîner les pieds, s’affaisser son esprit, décliner sa raison. Il n’a plus toute sa tête, il n’a plus ses vingt ans, il ne lui reste pas grand chose à vrai dire.
Alors il fouine, fourre son nez au plus profond de ses entrailles, fourgonne à l’aveugle.
Il tâtonne de- ci de là, attentif, inquiet à tout soubresaut de conscience.
Son père l’avait quitté bien avant qu’il ne meure, négligeant ce bout d’homme cramponné à sa jambe, copuler n’avait jamais été synonyme de paternité. On ne s’invente pas ce don, le cordon peut être couper bien avant l’heure. Son paternel ne s’était jamais senti d’aucune obligation de la sorte, le rôle de géniteur lui avait amplement suffi, il fut néanmoins un bon père pour les enfants de celle qu’il épousa en seconde noces.
Et c’était bien cela qui était à l’origine de tous ses ulcères, il ruminait sa défaite, ce cruel abandon, ce statut de gosse illégitime alors que lui seul arborait les armoiries familiales, ce précieux nom de terre sans lequel il n’aurait été qu’un bon à rien. Seul legs filial qu’il caressait, dorlotait de cette adoration du sot voué à la numismatique. Il l’épelait, l’articulait à voix haute, le scandait avec ferveur, il tentait désespérément de lui donner une âme, une vie ample et passionnée.
Le mot rechutait sans cesse, flasque, difforme…comment inscrire l’histoire lorsque les racines vous manquent, lorsque rien ne vous accroche au mur, là tout au fond d’un cadre, que les pages sont creuses, plates, inodores, que rien ne vous écrit dans un livret de famille hormis la date, l’heure et le lieu.
Il est un fils de rien, il est fils de misère, il n’est même pas bon père puisqu’il est fils de rien.
Des fois, ça hurle dans sa tête, ça bouillonne furieusement, il vomit sa rancœur sur le dos de ses enfants.
Il tire son malheur le long des nuits brumeuses, lorsque l’alcool dialogue avec ses accrochages, ces lugubres accidents de parcours, la table n’a plus de bord, que ce soit d’un côté ou de l’autre, l’horizon seul divague, il y est capitaine chaloupant, chavirant au gré de ses muflés qu’il se prend dans les côtes.
Et c’est souvent à terre , le nez dans sa modeste dignité qu’il finit par échouer. Alors il flaire, il piffe, de même qu’il trouillote la sueur des mauvais jours, il halène sa bile tel un cabot malade, il cocotte de la bouche laquelle déborde d’injures.
Le blanc le rend mauvais, méchant comme enragé. Certains deviennent poètes lorsqu’ils sont polonais, d’autres sont saouls d’aigreurs et vous blessent vôtre enfance les soirs de grosse tempête. Le verre en trop saborde la coque des frêles carcasses, le cœur se noie , les sourires plongent, les mines restent figées , pétrifiées par l’angoisse. La dernière déferlante pointe sa démesure.
Il est ivre de peines, il noierait frères et sœurs.
Il est un fils de rien, un père mal éduqué , il sème ses sinistres quitte à planter ses gosses, quitte à ce qu’eux mêmes deviennent des bouts de pas grand chose, des avortons fragiles sans légitimité.
Lubna
mardi 5 juin 2007
Pitié et Miséricorde
Le cœur dans un étau, les poumons tout dehors, le ventre chaviré, la rage au bord des lèvres, je sens les grises morsures, les coupures aux ciseaux, le venin au scalpel, toutes injures scarifiées en mon âme, en mes veines.
Devrais j’encore hurler, vociférer ma peine, crier mes vérités, cracher plus bas que terre ? Pour alors recueillir tous les fragiles morceaux que vous avez pris soin de taillader, de découper, de laminer, sans vergogne !
Témoigner, témoigner, mais de qui, de quoi ? De ce que sans aucun consentement, vous avez arraché à ma vie, quand ce n’est pas à la mort histoire de glaner quelques fidèles de plus, de frêles et jeunes moutons à qui tirer la laine, des brebis égarées qui de leur tiède lait assouviront vos caisses ?
Laissez moi vous haïr autant que vous mentez ! Je me voudrais colosse et piétiner vos temples, vous pousser vers la porte un coup de pied aux fesses, vous mordre au plus profond de votre chair, clouer vos dithyrambes sur une immense croix !
Jéhovah , réveille-toi ! il est grand temps que tes fidèles cuisinent une autre soupe , de préférence ailleurs que sous mon toit .
Dieu m’a toujours renié, je lui rends le compliment, je me moque du scandale, les bénitiers me donnent la chair de poule, les bonnes sœurs, le cafard et les prêtres de l’herpès !
Je crois loin des autels, leurs prie- dieu à trois pieds, ces sièges rase motte où trône l’inconfort, le mensonge et la mort.
Comme une envie d’espace bien au-dessus des cieux, mes étendues divines où se plaisent les sauvages, et courir l’horizon sans craindre la moindre foudre, et fouler les hauteurs sans soupçonner l’enfer d’en vouloir à ma peau.
Que vienne mon châtiment, j’éclaterais de rire, férocement, d’un cynisme sans voile, impudique, effrontée, le bide à l’air.
Charon, passeur d’ombres, tu peux quêter ta pièce des siècles encore, je ne débourserai pas un centime de ma bouche pour de semblables rives.
J’écarquille les yeux, j’ouvre grand mes globes, je ne vois rien qui puisse être pire, plus laid, que les abîmes terrestres.
Charon, le nocher, remballe ta barque, je resterai à quai, car ici ou ailleurs, les enfants sont punis, les drames coulent à flot, les chiens se mangent entre eux, les bourreaux sont prolixes, les balles sifflent, les femmes pleurent et dieu s’en fout royalement !
Lub..Na !













