Âmes à Âmes

Les Unis Vers de Lub et autres denrées cérébrales

mercredi 16 janvier 2008

Lucie

Lucie se sentait pousser des jambes, de ces longues pattes vives et volontaires.

Clouée depuis longtemps dans son berceau de soie, Lucie se sentait comme des envies d’espaces, de ceux   qui vous saoulent l’esprit à grand renfort  de vent, d’éclats de froid  et  de silence.

Elle contemplait les astres et bien qu’ils ne soient pas en mesure de lui offrir un beau présage pour la nuit à venir, Lucie prit le parti d’en vivre.

Elle cesserait de compter les secondes, ce temps spartiate, gris comme l’hiver, austère comme un cloître. Elle se moquait bien du sentencieux diagnostic, ce qui lui importait ce soir ? Cette perspective toute proche, cet opéra toutes scènes dehors  où les plus belles voix sacrifieraient leurs cordes, en un chœur furibond.

Elle se délesta de ses petits fardeaux quotidiens, le compte gouttes gisait un mètre plus bas, ses nourrices tubulaires appréhendaient la chute, elle s’accrochait désespérément à ses veines, ces petits ruisseaux jonchés d’hématomes lesquels s’essoufflaient jusqu’au myocarde pour y  injecter quelques bribes de sang neuf. Les petites mains de Lucie oeuvraient tel un couperet, elles envoyaient valser ces rogatons d’oxygène, ces mères fusions s’affalèrent au sol, ainsi que ce  masque castrateur, muraille de mimes, sensé la protéger de tous les maux de la terre.

De longues années de jeûne, à observer les saisons sous un cocon de verre, à grignoter la vie par la croûte,  la mie ne lui était donnée qu’à la becquée, ce soir, Lucie criait famine. Elle couvait une faim de loup ! 

Lucie se sentait pousser des voiles, de ces épais tourmentins, petits focs de tempête qui de sa frêle proue maintiendraient la constance lorsqu’elle franchirait le seuil des quinzièmes rugissants, la seule latitude qui lui fut concédée, parce qu’au-delà, lui disait-on, l’horizon  était plat comme un encéphalogramme et qu’elle tenterait la mort si d’aventure elle commettait le pas de trop.

Elle se moquait bien de ces sanctions  qui planaient au-dessus de son corps, vivre en suspend n’était pas vivre, peu importe le temps qu’elle écourterait, le peu de longitude à son chemin servie, elle courrait vers l’automne, peu importe qu’il soit l’ultime, il serait le plus beau, le plus ardent de tous !

Lucie courrait pieds nus, le rire en poupe, elle fuyait la tristesse, l’âcre parfum d’éther, les mines trop contrites et autres accablements. Elle distançait la mort de toute sa jeunesse, elle dévalait les sentes, sautait les parapets, Lucie avait des ailes !

Au loin les mamelles du ciel s’inclinaient  sous l’amour en partage, ils en rougissaient presque ces géants mammatus à observer discret les dernières caresses que le soleil dispensait à la mer.

Lucie se sentait pousser un cœur, de celui qui palpite , vibre , crie et rend ses larmes au fiel, de celui qui vit quitte à en périr.

Lub.........Na !

Posté par Lubna à 11:26 - Gente à deux pattes - Commentaires [26] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Bon dieu! pas de commentaires sous ce texte formidable?? Ma Lub je crois voir les mômes à l'hôpital...j'y étais mardi tu vois, c'est tout chaud, ça brûle, ça fait mal, ça fait mal. Mais ils rient. Ils rient les ptits greffés, perfusionnés à gogo, les ptits corps martyrisés pour leur bien, les maigres et les pâlots, les presque fantômes. Leçon de chose pour les grands, jamais apprise, parce que ce sont des maux que l'on ne retient pas...

Bises ton Fauve

Posté par Chris, jeudi 17 janvier 2008 à 21:29

oui dame, le lieu se fait desertique, est ce à dire que j'aurais trop déserté ?
Inutile de te dire que j'ai eu quelques pensées te concernant en l'écrivant , embrasse chaleureusement ta fille.

Posté par lubna, jeudi 17 janvier 2008 à 21:54

Merci ma belle. ;)

Non, ne t'inquiètes pas c'est génèral mon cpaitaine. La blogosphère a du mal à reprendre son jogging après les ripailles ;) C'est mort un peu partout.

ça va reviendre! Et puis je suis là, moi, fidèle au post ^^

Bizz

Posté par Chris, vendredi 18 janvier 2008 à 07:32

le capitaine est en vrac mais ton génial cervo aura tout remis en ordre les lettres! loool

Posté par Chris, vendredi 18 janvier 2008 à 07:33

je ne m'inquiète guère tendre dame je ne suis une blogaddictpanic :o) tout reviendra après la baisse de tension post festives :o)
j'aime bien quand tu inverses les vice versa , je t'embrasse

Posté par lubna, vendredi 18 janvier 2008 à 08:41

Yep!

Au fait je t'ai donné ma nouvelle adresse ma bella?

*sais plus* *perds la teste*

En tout cas moi je viendu tous les jours lalalala. La fidélité, l'amitié et la loyauté chez moi c'est pas un vain mot.

Bzé! il est où Msieur Plaie?

Posté par Chris, vendredi 18 janvier 2008 à 12:56

Je suis là Dame Chris !

Tous les jours je passe et repasse également chez ma Chère Lubna et parfois j'attends de pouvoir écrire autre chose qu'un piètre "magnifique texte". La banalité n'a pas lieu d'être ici, alors je guette la pensée qui serait à la hauteur... elle viendra.

Lubna Bella je vous embrasse.

Dame Chris, je serais heureux aussi de connaître votre nouveau lieu d'écriture ; si vous passez par chez moi me le signaler ? Bien à vous.

Posté par Plaiethore, samedi 19 janvier 2008 à 09:47

aaah

Suis bien heureuse de vous voir là. :)

Et bien souvent, notre Lub nous propose de si belles choses à nous mettre sous la dent de l'oeil, que je ne sais que lui dire que je l'ai lu, suivi, entendu, je suis souvent hors sujet mais j'aime lui dire que mes pensées et mon amitié l'accompagnent.

Cher Plaie, je passerai vous dire un mot.

Bises à vous deux

Posté par Chris, samedi 19 janvier 2008 à 19:22

moi c'est lutin

Moi aussi je me sentais pousser des jambes ce matin, un footing après ripailles, et me voilà sur ma chaise à me détendre les muscles endoloris. J'ai parcouru les chemins du net, j'ai passé les obstacles, mais douée dans les sauts j'ai atterri là, et vous voilà dans mes favoris.

"Lucie se sentait pousser un cœur, de celui qui palpite , vibre , crie et rend ses larmes au fiel, de celui qui vit quitte à en périr"
moi c'est lutin

Posté par lutin, lundi 21 janvier 2008 à 23:03

Ce lutin-là n'est point un korrigan: c'est quelqu'un de bien ;)

un baiser pour les amis, Bella, Monsieur Plaie.

Posté par Chris, mardi 22 janvier 2008 à 06:45

Comme me l'a fait remarquer une certaine "Red" n'oublions pas la valeur des coment-taires.
Quelle phrase ne paraîtrait pas pauvre par rapport à ce texte splendide qui a eu le pouvoir de m'amener a une profonde méditation?... As-tu rencontré Siddharta Lubna? J'aimerais pouvoir te donner pour tout compliment à tes mots, des secondes de mon silence... bouquet qui lui seul pourrait te dire!

Posté par Loup, mardi 22 janvier 2008 à 14:50

tourments

je ne vais pas m'inquièter de qui passe ou ne s'arrête pas, j'aime à vous lire, tous, et si d'aventure , je croise le tourment, je lui tourne le dos, d'une belle indifference . son frère est assis dans mes mots, à quoi bon tendre une chaise pour les tourmenteurs à venir.
Je n'ai plus de place dans mon salon si ce n'est que pour y accueillir des voix agréables à mon coeur.
Lutin, je vais aller voir de quelles facéties tu en retournes.
Chris tu veilles dame tendre, mais je suis à l'abri :o)
La plaie, je sais vos passages
Loup, non je n'ai pas rencontrer ce personnage, dites m'en plus si vous le voulez bien.
Dame Hurlante, ma Nina, tu manques

Posté par lubna, mercredi 23 janvier 2008 à 07:51

suis là, t'inquiètes pas belle Lubna. (sourires)

Posté par Nina louVe, jeudi 24 janvier 2008 à 00:49

Lubna Bella, si je le pouvais, pour de vrai de vrai, je baiserai vos mains, avec toute cette amitié que je vous porte.

Le virtuel ?
Chiottes !!! :)

Posté par Plaiethore, lundi 28 janvier 2008 à 16:45

Il est adorable ce garçon, non??

Bisous du jour ma Lub!

ps on a un peu la dalle, c'est quand que tu nous sers?

Posté par Chris, mercredi 30 janvier 2008 à 07:43

le verbe s'étrangle Chris, parfois il s'épuise, devient capricieux
je t'embrasse

Posté par lubna, jeudi 31 janvier 2008 à 08:34

"COMME UN GARÇON, J'AI LES CHEVEUX LONGS
COMME UN GARÇON, JE PORTE UN BLOUSON
UN MEDAILLON, UN GROS CEINTURON, COMME UN GARÇON
COMME UN GARÇON, MOI JE SUIS TETUE
ET BIEN SOUVENT, MOI JE DISTRIBUE DES CORRECTIONS
FAUT FAIRE ATTENTION, COMME UN GARÇON..."

Je garde l'adorable :)
Tendresses à vous deux.

Posté par Plaiethore, jeudi 31 janvier 2008 à 10:07

Non??? Plaiethore est une fille??? Non?? si??

C'est vrai Plaiethore?? J'étais persuadée que vous étiez un jeune homme!!! *faut que j'arrête de boire...de l'eau* :))

Bises!

Posté par Chris, jeudi 31 janvier 2008 à 20:27

il est une fille comme moi je suis un garçon lol
héhéhéhé , même l'eau n'y changera pas grand chose dame chris

Posté par lubna, jeudi 31 janvier 2008 à 20:52

Ah ce virtuel! on est jamais sûr de rien. Moi même d'ailleurs, je ne sais plus très bien qui yé soui!! ;)

C'est donc le terme "garçon" qui ne lui convient pas? ouf!

Des bises ma Lub, bise-main Messire Plaie

Posté par Chris, vendredi 1 février 2008 à 07:27

c'est à en perdre son malin dame Chris, j'en conviens

Posté par lubna, vendredi 1 février 2008 à 11:13

On parle de moi ?
De lui, de elle ?

:)

Posté par Plaiethore, mardi 8 avril 2008 à 14:53

Mieux vaut tartare que jamais! hihihi. Nan mais vous m'aurez plus Monsieur laPlaie, garçon avec cédille.

Non mais. :))

Posté par Désirée, mercredi 9 avril 2008 à 07:51

rooooooo Désirée !!! Désirée ! :o)

Posté par lubna, mercredi 9 avril 2008 à 13:22

Oh mé dites donc Madame, je ne pensais pas du tout, du tout, du tout, à ce que vous pensez...*sifflote*

;))

Posté par Désirée, jeudi 10 avril 2008 à 09:01

Une cédille, je ne sais pas si ce serait vraiment heureux, montée en pendentif ;)

Posté par Plaiethore, vendredi 18 avril 2008 à 09:54

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