Âmes à Âmes

Les Unis Vers de Lub et autres denrées cérébrales

dimanche 6 avril 2008

T(h)oma(s)wo(r)k

magritteSonia

Je te pique,
Tu te planques
Effet sismique
D’une atmosphère
Où ruses de sioux
Et haches de guerre
Se cherchent
S’expliquent
S’enterrent.
T’es mon cow boy
Je suis guerrière
Un brin Lola
Lasso, lascive
A l’offensive
De tes arrières
J’ fais une rasia
Chez rastaquouère
Lui chipe ses couettes
Et troque mon trac
Contre un gros sac
Douce aumônière
D’amour en stick
love on the rock
une gym tonique
d’apprêts en stock
qui cognent qui toquent
sous ma cafetière.
T’es mon far west
J’ suis passagère
Un brin Fahra
Fossette facile
Ficelle, faux cils
Rien n’est trop cher
Dans ce long train
Nommé désir.

Lubna !

Posté par Lubna à 11:00 - textes à chanter - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


jeudi 3 avril 2008

Life on Mars

Cinq heures du matin, le plafond accusait le même air sombre, le lit n’était guère plus avenant, longtemps que cette chambre n’avait souffert d’aucun chahut.

Les murs retenaient de longs soupirs, le chevet supportait les humeurs de l’habitante, s’y entassaient pèle mêle, une méthodologie du sommeil, un carnet à spirale, trois photos sépia et un texte à rallonge.

Un an déjà, le temps restait de plomb, chaque chose à sa place, chaque regret bien dosé et ce souffre remugle qui ne cessait de taquiner sa langue.

Elle observait patiente, ne se plaignait de rien, ses jambes ramenées sous son cou, de cette position ovoïde  de laquelle on renaît. Elle se lovait obstinément contre ses frêles mémoires, les promesses que lui laissait entendre ce regard, cette voix comme la plus belle des tentations, et Satan à sa porte, lequel faisait les cent pas.

Le fruit défendu, l’Eden à l’est et lui si proche, qu’avait- elle à craindre ?

Les foudres célestes ? L’idée du châtiment divin la rendait insolente. Elle laissait volontiers le vent s’amuser sous son corsage, mille mains invisibles, mille désirs chuchotés le long de son échine, tout le courroux de dieu sur ces lèvres bigotes dont la forme pincée s’entêtait à l’aigreur.

Il lui tendait son rire, la chaleur de son torse, deux bras tels un navire, des mots où s’évader.

Elle s’aimait impudente, dénudée jusqu’au cœur, la faim au bout des doigts, la soif en épicentre. Trois jours, trois nuits, une mise en quarantaine.

Un an déjà, la peste était en elle, lui s’en était allé.

Elle attendait l’oubli, comme d’autres attendent l’espoir. Son esprit devenait peu à peu sélectif, il discernait le fond de la forme, focalisait sa logique sur cette heure mobile, l’heure de ses ultimes tentatives, celle où le train resta en gare, celle où le peu en valait la chandelle.

L’hiver siégea à quai, elle enfanta le vide dans la plus grande douleur.

Lui s’en était allé.

Mars et son cortège de larmes, ces giboulées chagrins qu’écoulaient les nuages, ces quelques minutes en moins et ce manque à gagner.

Dans un coin de sa chambre un lamellé collé de papiers gisait à terre, ces lettres non affranchies, écrites, stockées à demeure, de ces tentatives à radouber la structure laquelle s’effondrait un peu plus chaque jour.

Elle se leva enfin, l’absence martelait  ses tempes de coups sourds, ses jambes la portaient à peine. Il lui fallait pourtant exécuter ce geste,  celui la même qu’ils avaient ignoré puisque aimer ne se préoccupe guère des gains d’énergie, des aiguilles trotteuses, et d’avril à venir.

Elle souffla longuement, ajusta avec froideur l’horloge selon le goût des autres.

Elle précipitait mars, cette gare et l’oubli vers le gouffre printemps.

Lubna

Posté par Lubna à 06:24 - Humeur d'un jour - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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