lundi 6 octobre 2008
PAS DE DEUX
7.01, le soleil se brise les côtes à tenter l’escalade dans un ciel trop gris. Les nuages obstruent ce qu’il reste de beau, le vent souffle d’autres tempêtes alors que la terre gémit sous ta peine.
Tes pas comme des tâtonnements, tes pas comme le désaveu, l’échec dans une paume, ta dignité dans l’autre, la conscience oscille douloureusement. Tu tangues…
A savoir si tout se voue à la chute, si rien ne se plait à l’espoir.
Deux ans, le vide auquel on s’acoquine, l’amertume à laquelle on boit, et ces verres qui n’en finissent plus d’écouler le sordide. S’user jusqu’à la lie quitte à devenir aveugle, que ce manque cruel puisse se taire enfin.
La douleur du détachement, que chaque particule de sa peau puisse s’effacer, que ses grands yeux ne trahissent plus tes mensonges, une goutte de plus versée à ta mémoire qu’ainsi tes nuits ne punissent plus les jours à venir.
Ton corps déchiré entre la tentation du terminus et celle du gouffre, il n’est pas une trame à laquelle tu n’aies pas songé, il n’est pas un rail qui sommeille.
Deux ans, les couloirs muets, les portes devenues discrètes, son parfum qui s’estompe dans le creux de ta bouche, s’émietter jusqu’à la folie faute d’écumer les heures blanches dans les bas fonds.
Le zinc s’est accoutumé au poids de tes coudes, les matins à tes gueules de bois chroniques.
Désormais ta langue épaisse ne sait plus que zézayer lorsqu’elle apostrophe, immorale, les éphémères passantes. Leurs gorges généreuses, leurs bas frivoles, qu’elles cessent donc de rafraîchir tes déboires !
Les mêmes, semblables, une suite hémophile de poupées russes, pas une pour racheter l’autre !
Cette autre dont le regard accusait tes renoncements, cette autre que tu tentes de noyer dans le cul d’une bouteille.
Il fut un jour, récureur d’espérances, de cette paille de fer qui broie ta bile quotidiennement, celui qui martèle ton pouls à coups de poignards, le jour où tes enfants à ses basques, toi à ses trousses, la mort au tournant, elle te quittait.
Depuis, le soleil se casse les côtes à vouloir pénétrer ton coeur, l’alambic sert généreusement ta cause , il n’est pas un verre qui souffre de solitude.
Lub..na !
Commentaires
31 ans avant, la muerté
6 octobre 1977
une petite fille passe avec ses pieds, un homme saoul roule avec une carcasse de violence, le pied opressé sur l'accélérateur. elle deviendra muette. réapprendra à marcher par le sol, par la danse. un rat. on dit qu'elle est devenu un rat en tutu qui joue à mutisme et bouche cousue. 6 octobre . 19977. la muerté. la fin de leur foi. pas de la sienne. elle a dit avec du son: oui. nom et non ! nenni ! puis. elle a écrit. a écrit jusqu'à cce que ses poumons la laisse aller retrouver son aieulle, sa belle grand-maman douce.
je t'm, belle Lubna. à plouss !
ce petit mot pour te dire que -enfin/déjà- la pièce Du Braille sur la Peau est envoyée. après 4 ans de work in progress, envoyée au Théâtre D'Aujourd'hui, à Wajdi Mouawad. C'est fait, je peux partir tranquille, ou rester et cesser la clope (smilz) !
1977
. 19977. = coquille
faut retire le 9 de trop, mettre du neuf à la place.
bises et tendresse sororale, comme dirait la Valombreuse...
Nina, louVe plus que jamais hurlante dame.
surpasser nos bouches cousues nous rend deux fois plus entendants.
je suis heureuse pour toi dame hurlante, mais jamais ne cesse, entends moi fort là, jamais ne cesse de hurler à la plume !
je t'embrasse muy fuerte, touchée non pas coulée par tes mots de Louve humaine, si humaine en dedans.
t'm aussi ( c'est un mot difficile , tu le sais , lequel prends toute sa valeur lorsqu'il est chuchoté pudiquement ou bien lorsqu'il s'écrie d'un coup de la bouche cerné d'exclamations !!!!!!! )
non, si je cesse de hurler de la plume, c'est que je serai morte empoisonnée, emprisonnée par la fin. toi non plus, ne cesse pas plus, forte LubNa
soul mate furieuse , en voila de la détermination qui m'enchante
Une écriture qui raconte bien. Si les zincs pouvaient parler il faudrait une vie pour les écouter.
"Depuis, le soleil se casse les côtes à vouloir pénétrer ton coeur, l’alambic sert généreusement ta cause , il n’est pas un verre qui souffre de solitude."
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