mardi 7 octobre 2008
True Romance en R majeur...
( une archive dont on se passe, un de mes premiers textes en prose dont la forme touche le fond)
C’est comme une de ces nuits où la sonnerie du téléphone résonne d’une façon étrange, où sans le savoir le temps ne sera plus jamais le même, les sons seront comme un autre écho, lointain si détestable.
C’est comme cette soirée où tout semble impalpable, où la vie se terre, un silence morbide puis un déchirement, une balle en plein ventre, et le temps suspendu à jamais sur une même et unique douleur, sur un même et éternel refrain, sur le même et semblable cri.
C’est comme cette date, où le rire se teinte de jaune, la musique de sarcasme, et mon humeur se voile de noir, ton visage s’estompe et revient dans mes songes, irréel, abstrait, physiquement absent, affreusement absent.
C’est comme ce jour où je suis ce cortège, cette caricature de foule inconsolable, où plus rien ne m’importe que de t’entendre au vent, de te toucher en terre, et m’allonger ici, près de toi, te consoler, te cajoler, t’engueuler encore et une dernière fois. Qu’à jamais nous puissions encore nous insulter, nous battre, et qu’à jamais nos blasphèmes puissent nous rapprocher encore.
C’est comme ces souvenirs, que je garde en mon âme, ton humeur exécrable, ta chute vers la mort toxicomaniaque, tes allures de princesse déchue, et mon amour vers toi, ma lutte pour et contre toi, mon obsession sauvage de te sauver enfin, de te garder vivante, près, ici, tellement tactile.
C’est comme un article de presse, anodin, une dizaine de lignes anonymes et froides, un vieux journal plié dans ma mémoire, et la chape de plomb qui me serre le bide !
C’était une nuit, une date, un dimanche plus exactement, une fin de vie à la con contre une vie à la con, un bout de trottoir que ta tête a heurté, une piqûre de trop, des amitiés en trop, un amour de maquereau pour une môme de trop.
Je me cogne depuis cette putain de douleur, qu’aucun antalgique, qu’aucun cataplasme ne pourra atténuer,Une espèce d’arthrose cervicale à force de vouloir toujours encore tourner la tête pour t’attendre, Une allergie aux notes secouées que tu affectionnais, je ne peux plus souffrir Bowie et je lui coupe la parole dès qu’il se met à fredonner.Une furieuse envie de t’aimer à jamais, de repeindre nos photos de frangines en histoires moins sordides.
Lub....Na
lundi 6 octobre 2008
PAS DE DEUX
7.01, le soleil se brise les côtes à tenter l’escalade dans un ciel trop gris. Les nuages obstruent ce qu’il reste de beau, le vent souffle d’autres tempêtes alors que la terre gémit sous ta peine.
Tes pas comme des tâtonnements, tes pas comme le désaveu, l’échec dans une paume, ta dignité dans l’autre, la conscience oscille douloureusement. Tu tangues…
A savoir si tout se voue à la chute, si rien ne se plait à l’espoir.
Deux ans, le vide auquel on s’acoquine, l’amertume à laquelle on boit, et ces verres qui n’en finissent plus d’écouler le sordide. S’user jusqu’à la lie quitte à devenir aveugle, que ce manque cruel puisse se taire enfin.
La douleur du détachement, que chaque particule de sa peau puisse s’effacer, que ses grands yeux ne trahissent plus tes mensonges, une goutte de plus versée à ta mémoire qu’ainsi tes nuits ne punissent plus les jours à venir.
Ton corps déchiré entre la tentation du terminus et celle du gouffre, il n’est pas une trame à laquelle tu n’aies pas songé, il n’est pas un rail qui sommeille.
Deux ans, les couloirs muets, les portes devenues discrètes, son parfum qui s’estompe dans le creux de ta bouche, s’émietter jusqu’à la folie faute d’écumer les heures blanches dans les bas fonds.
Le zinc s’est accoutumé au poids de tes coudes, les matins à tes gueules de bois chroniques.
Désormais ta langue épaisse ne sait plus que zézayer lorsqu’elle apostrophe, immorale, les éphémères passantes. Leurs gorges généreuses, leurs bas frivoles, qu’elles cessent donc de rafraîchir tes déboires !
Les mêmes, semblables, une suite hémophile de poupées russes, pas une pour racheter l’autre !
Cette autre dont le regard accusait tes renoncements, cette autre que tu tentes de noyer dans le cul d’une bouteille.
Il fut un jour, récureur d’espérances, de cette paille de fer qui broie ta bile quotidiennement, celui qui martèle ton pouls à coups de poignards, le jour où tes enfants à ses basques, toi à ses trousses, la mort au tournant, elle te quittait.
Depuis, le soleil se casse les côtes à vouloir pénétrer ton coeur, l’alambic sert généreusement ta cause , il n’est pas un verre qui souffre de solitude.
Lub..na !
dimanche 5 octobre 2008
Humeurs Chiennes ( Male's song)
Humeurs chiennes
Lorsque la nuit s’en veut
Lorsque l’amour se vend
Se saigne aux quatre veines
Pour rester dans le vent
Qui sous tes beaux jupons
Ma jalousie promène
Humeurs chiennes
Lorsque tes sans dessous
Au grand air s’oxygène
Que ton humour s’oxyde
Que tes humeurs sans gène
Me mettent sans dessus
Nu comme un indigène
Humeurs chiennes
Lorsque la nuit s’émeut
Lorsque l’amour se ment
Et que je noie ma peine
Dans ta soute à amants
Qui sous tes doux cotons
Tour à tour le vent sèment
Humeurs chiennes
Lorsque mon cœur de fou
A ton corps se gangrène
Qu’à mes pieds pend le vide
Et qu’aux tiens se démènent
Ces amours m’as-tu vu
Ces singes qui à la pelle
Effeuillent mes printemps
Au seuil de ta fontaine
Lub..Na !









