lundi 3 novembre 2008
Morphée et les Sept Nains
Tes larmes ne cessaient de me rabattre le cœur, quant aux miennes elle divisait mon ventre pour mieux y régner. Nous nous aveuglions l’un l’autre sans jamais percevoir qu’à côté périssaient nos automnes.
Tu fleurais l’âge mur, l’âge des aubes vives où le soleil se plait à conquérir les dermes printaniers, de ceux que la vie n’a pas encore flétris, de ceux que la mort n’est pas prête d’oublier.
De mes mains j’escarpais tes montagnes, je conjurais le sort dans lequel nous coulions.
Notre histoire chaloupait, belle hargneuse, toutes griffes dehors, toute haine dedans.
Nous nous méprenions sur le langage à tenir, ne serait ce que ce mot de travers, ton rictus méprisant coincé dans ma gorge, ma croyance farouche figée dans ta prunelle.
Je blessais tes butins, tu désossais ma foi.
Que n’aurais- je pas vendu pour que l’instant périsse, que nos rires passés reviennent à la surface.
Le diable tentait mes derniers jeûnes, je m’affublais de rouge, dessous, dessus, un peu beaucoup, furieusement.
Ma bouche s’aimait coquelicot, mon buste cerise.
De mon corps t’offrir le plus juteux banquet qu’ainsi ces belliqueuses crépissent aux oubliettes, que tes doigts de nouveau s’accordent à mes dessins.
Je rêvais de sillages, de profonds interstices où noyer ces beautés trop égales, de fonds de cale, de cachots poussiéreux, de cache misère, la jalousie servait grassement mon sommeil, tandis que tu épuisais tes quarante hivers à satisfaire le plaisir.
La folie pointait du doigt ma tempe, sept balles, sept tentatives, autant d’années à servir ma passion, le vide au centre. La case en moins dont tu m’affublais sauverait – elle ma peau ?
Roulette russe, le choix du roi entre mes paumes, ta chute du trône, la trace écarlate de tes courtisanes, j’efface l’humiliation d’un déclic létal, j’endors la colère, ton indifférence, j’estompe nos rides d’un coup sec.
Mes derniers arguments au bout de la détente, le rouge taillerait un tout autre costume à notre histoire.
Mes larmes abreuvaient l’aurore, je maudissais Morphée, ses cruelles perspectives, ses morbides cinq à sept.
Tes bras enveloppaient mes veines, ton souffle taquinait ma nuque.
Notre amour attendrait bien sept fins de plus.
Lub..Na
Commentaires
enfin vous parlez
ah... quel soulagement. vous lire me rassure, me fait du bien.
ces mots, toujours encore, inlassablement vifs et viVants
moult merci Lubna
l'écriture n'est pas automatisme dame hurlante, faut il que les pensées fulminent, vivent, que les images soient vives
je vous embrasse muy fuerte
oui, je sais. tout le balet des mots danse et se pose parfois longtemps sur le bouton mute.
tendre muy fuerté también
Morphée est quelquefois le Diable.
J'aime tes mots. Merci
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