Âmes à Âmes

Les Unis Vers de Lub et autres denrées cérébrales

mardi 10 mars 2009

le Trou dans l'écuelle

reims

T’as le gris qui dégouline en cendres le long de ton pardessus, tes mains qui ne savent plus que serrer le vide, et le froid pour toute nourriture.

C’est l’espace qui claudique désormais entre tes chutes et tes avènements, la crasse qui épouse le moindre de tes replis. L’abandon, une porte que l’on claque, trois petits pas, le précipice bouché bée , le ciel n’est plus qu’un toit de fortune.

Les seules poches qui soient comblées sont celles qui habillent tes yeux, plus un billet à brûler, plus une épaule alentours qui souhaiterait que ta main s’y pose. Le trottoir d’en face pour seul horizon, une quille de mauvais vin pour compagne, ton naufrage s ‘étale à l’indifférence des passants.

Le givre étreint tes lèvres, attaque lentement ton pouls. Tu n'es plus qu'un sursis, un faible soubresaut de cœur, d'où s'échappent les pires asphyxies, bile, carbone , sarcasmes , ces mauvaises odeurs desquelles on se détourne de crainte qu'elles puissent être contagieuses.

L'hier s'amuse de toutes tes belles possessions, un navire au comptant, du plaisir à crédit, une famille le temps de quelques mensualités, de grandes et puissantes canines que le profit affichait sans vergogne.

L'hier t'intronisait roi du monde, pur-sang parmi les boiteux voués aux abattoirs du précaire.

Tes acquis piaffaient , tes désirs pianotaient le cumul des gains, le plus, féroce dictateur snobait la soustraction.

Une porte que l'on claque, un gouffre au seuil de ton palais, tes richesses accusent quelques lacunes.

L'absence se colle aux quatre coins de l'édifice, elle résonne, s'amplifie dans les couloirs. Les rires ont rendu l'âme sans préavis, ceux la même qui t'agaçaient viennent à te manquer cruellement.

S'en suivront de lents tête à tête avec toi même.

C'est l'hiver qui sonne à ta fenêtre, l'alcool qui comble les blancs, ta fortune qui s'émiette . Les vautours ont le bec long , la mémoire légère.

Les huissiers déménagent ta vie , bradent tes ambitions et te jètent sur le bitume nu comme un hère.

Aujourd'hui t'assoit moins que rien, sans logis parmi les mendiants.

L'essentiel qu'on ignore, une femme qui vous plaque, trois petits pas, ainsi font tes marionnettes, trois petits tours, trois petits pas et puis s'en vont

lub.na.

Posté par Lubna à 12:56 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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