Âmes à Âmes

Les Unis Vers de Lub et autres denrées cérébrales

vendredi 18 juillet 2008

N'écoute plus aux portes !

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Les sanglots de l’enfant se sont taris à la longue, plus aucun crabe tambour à l’horizon, seuls les cris sillonnent encore quelques espaces feutrés.

L’enfant se recroqueville un peu plus sur lui-même, le dos à l’offensive des coups que le passé assène.

Ses petites mains crayonnent sur un coin de la table des visages monstres, des cœurs saignants à souhait, des matins besogneux où les jambes s’affairaient à rattraper l’horloge de l’école.

Le ventre est creux, l’esprit est vif. Deux petits diamants s’agitent dans la pénombre, perles précieuses qui roulent mille accents de curiosité lorsque la vie s’agite tout autour.

Le manque ordonne ses gestes, d’une lenteur précise qui poinçonne chaque son, chaque note sur le meuble mémoire.

Il recoût à sa guise les accrocs paternels, les attentes du soir quand la mère fait grise mine, que le chat est absent, les assiettes trop vastes pour le peu qu’on lui sert.

La porte va chalouper, le désordre pointera de nouveau l’opprobre sur le toit familial. S’en suivront des lendemains qui chantent de sombres litanies.

L’enfant sait qu’à recoudre ainsi les torts, la réalité s’en mord les phalanges, le vide omniprésent, son père dans l’arrière cour, lequel effondre ses dernières dignités à tenter la position debout tant le vin ravage ses veines, ses petites mains griffonneront de plus belle un amour à la rescousse.

J’ai dix ans, et l’espoir qui convie la patience à s’éprendre du moindre sourire, le cœur se porte haut, les nausées sont fécondes, la mère accouche de sa sixième plaie.

Mes aiguilles s’affinent tout comme mes crayons, le fil vient à manquer, les trous se font béants.

J’ai dix ans, je suis sourd aux langues mortes, celles qui s’ébruitent depuis si longtemps dans leur couloir de grands, leurs mots querelle, leurs crève tympans. J’ai bien le cou de mon chien pour y plonger ma peine, ou le dessous du lit pour y cacher mes larmes mais la nuit est inquiète de me savoir si seul.

Je colle mes paumes contre mes oreilles, leurs aboiements cesseront, ma mère claquera le seuil histoire de clore le caquet du patriarche.

J’ai bien mes bras pour me réconforter, le vent à qui confier mes craintes mais l’enfance est soucieuse de me voir ainsi étendu sur le bord de la route, les yeux noyés de boue, le ventre criblé de lames.

Je n’aurais jamais du écouter aux portes.

Lubna !!!!!!

 

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samedi 8 décembre 2007

Le dernier voyage

Il avait amarré sa barque près des rives cendres de ce fleuve, ce bras si lent à pousser la vie vers les frasques de l’océan, cet appendice capricieux qui charriait la peine mêlée aux limons, la mort étranglée aux nœuds coulissants, les saisons de pluie, les petits crimes humains.

Il n’appréciait plus aucune distance désormais, ses yeux se plissaient douloureusement au contact de la lumière, la cécité gagnait peu à peu son esprit.

Il en avait trop vu, trop entendu, la mémoire douleur lui martelait les tempes, chaque nuit n’était plus que calvaire, lente agonie de ses combats lesquels n’existeraient plus d’ici peu.

Il s’était accroché à la fuite, de longues années à écumer le vide, à prolonger l’oubli, les vents lui soufflaient ses prochaines perditions, fugaces escales où l’alcool prenait son pouls, les femmes ses fonds de poche.

Ce soir là, il avait pris soin de son apparence, longtemps que sa tête n’avait pas été si bien disciplinée,   son corps si bien soigné. Son allure sentait le frais, le vivant des conquêtes, l’appétit des grands jours.

Quelques billets froissés, un paquet de blondes taquinaient le chiche contenu du gousset de sa veste, une veste qui s’était trop frottée les coudes sur les comptoirs sagouins de ses sorgues sans issue.

Ce soir il se sentait presque heureux, il serrait dans sa paume la photo  de son fils, cet enfant qu’il n’avait guère eu le temps de voir fleurir et qui s’était fané bien trop tôt, son fils, la seule graine pour laquelle il aurait eut cette patience hors du cadre, cette minutie dans la tendresse, cette application  dans l’enseignement.

Lui revenait en mémoire la douloureuse destitution, cette coupe abrupte de l’amour ombilical, la balance s’était éprise d’un certain aveuglement et ne consentit pas le geste de peser en sa faveur.

Dès lors, lui avait été donné en pitance quelques minutes de partage, et la lancinante perception qu’on lui avait arraché sa fibre. Ces instances, juges et parties à la fois, ces Salomon implacables, lesquels n’hésitaient pas à vous couper un doigt, vous éventrer jusqu’au cœur, évider le peu de dignité qu’il reste en vous, ces suceurs de substance s’étaient nourris à même sa moelle.

Un rictus mauvais déformait son âme à la seule pensée de ces réducteurs de statut, ces têtes bien pesantes qui font de vous en deux rangs trois segments, une ligne parallèle, un ensemble de particules insaisissables qui gravite l’air de rien et se doit à la discrétion le temps que grandisse le germe.

Lucas, sa plus belle conclusion, ce petit mousse insolent, ce trublion fantasque qui aimait à trancher dans le vif du passé, et lui rendait sa place de capitaine quitte à saborder l’assise mère d’une politesse cinglante.

Lucas emporté, arraché, quelques années plus tôt, dévoré par l’extase, la folie des bonheurs, trop de trous dans la peau, et ces veines qui pleurent une hâtive sentence.

Ce soir, il partait le chercher, il en avait enfin le droit. Il n’aurait  plus à souffrir du report des secondes, ni à le regarder grandir par l’accroc de la serrure.

Ses errances, ses naufrages pointaient un unique ponton. Peu importe l’abîme, le vide en valait la chandelle.

Une main patientait, l’innocence à ses basques que ce cœur patriarche cesse enfin de tousser.

Ce soir il mettrait toutes voiles dehors, toutes raisons à terre pour s’en aller mourir.

Lub...na

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dimanche 18 novembre 2007

Morte Saison

La saison est en enfer, le givre brûle nos lèvres, à quoi bon s'embrasser puisque nos baisers sont désormais du plus mauvais goût ?
Cette nuit je palpais moins dix dans ton cœur, tes hivers sont de plus en plus rudes et toi de plus en plus froid. Tu t'effrites lentement, tes feuilles sont mortes, arides comme ton pouls, racornies aux quatre pôles.
Cette nuit j'ai sondé ta calotte glacière, je tentais de recoller les miettes, l'affection est trop vaste, les tubercules ont fleuri dans ta gorge, de minuscules polypes obstruent ta langue muqueuse. Je te sens condamné au silence, j'en deviens bâillonnée de douleurs .
La saison est en souffrance, je déteste décembre, ce mois trop économe où les heures nous sont servies au compte goutte sur un plateau de gelée blanche. J'y creuse , j'y cherche minutieusement des secondes à immiscer, des instants à nous mettre sous le coude, quelques quignons d'ardeur qui plairaient à nos bouches, de quoi nous sustenter en attendant le soleil.
Alors que je griffe les neiges éternelles, ton regard s'accuse de lâcheté. Tu renonces déjà, le cristal qui caressait nos noces se brise sous le poids de ta dépression.
Ton bloc de granite s'affaisse, je multiplie les tentatives et je remonte , je pousse, force, pousse , sue toutes les volontés de mes pores pour qu'il se tienne en équilibre sur la pente. Qui sait les dieux m'ont-ils punie de t'avoir trop mordu , qui sait si demain sera une autre aube de sentences à faiblir…
Tu files ton mauvais coton au coin de l'âtre, tandis que j'épluche le souvenir. Je ne peux souffrir les carences, l'enfant que je fus lisait à voix haute de peur d'entendre la rage alentours, elle comblait les lacunes d'amour propre, les querelles mitées, les avalanches de haine. Lire à en perdre la vue, lire à s'en assourdir les paupières, ne plus voir les combats et remplir les absences, se réchauffer de mieux .
Approche et saisis moi les paumes, tes doigts sont pétrifiés, les miens se gercent tous les jours un peu plus profond. J'ai envie d'aimer comprends-tu, qu'importe ce sombre décembre, qu'importe le ciel au dessus du verglas, nos mains tisons s'en lavent, elles affameront nos yeux le temps que les flocons aillent brûler toutes les bûches de la Saint Sylvestre.

Lubna

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jeudi 14 juin 2007

Palpitations

Je voudrais me vivre, la bouche bâillonnée, barricadée, que seuls mes yeux puissent cligner à la lueur du monde, qu’ainsi d’un cil, l’infime battement fasse cesser la discorde, les reproches mal lavés, ces amertumes souillons qui brûlent mon œsophage, lesquelles j’expulse d’un rot parfois  tonitruant lorsque je me dois de répondre à vos points d’exclamations.

Je m’aime dédaigneuse, campée sur mes talons, de cette fierté bohème, de ce regard de braise qui s’adresse aux sourds, de ce déhanchement qui s’épouse aux aveugles, de ces pas volontaires appliqués au bitume lorsque la foule s’éprend d’une vaste solitude et que le cœur des rues s’effiloche  en un fil sinueux, un curieux serpentin au creux duquel la vie bivouaque, gamine des faubourgs, insolente, tentatrice.

Voyez comme elle se rit sous le malin soleil   de ce que pensent les pieux, les atrophiés du  rire, ces castrateurs eunuques qui punissent toute jouissance. Elle porte jupe courte et corsage entrouvert que le facétieux vent ne cesse d’entreprendre, son derme s’expose aux hommes, à leur faim printanière, la vie porte ses vingt ans et j’en accuse quarante.

Comme une envie soudaine de recoudre mon corps, que seins, ventre et fessiers s’harmonisent diaboliques, qu’ainsi vengeance soit faite à ce tableau complexe légué par mère et père.

Je voudrais me voir juchée cinq étages plus haut, le nez dans l’atmosphère, les cheveux en bataille, le cœur désordonné, que palpite ma peau à l’ombre des nuages, les envies suspendues à des esses funambules, la conscience au palier.

Je m’aime rossignol, cantatrice comique, de cette voix du ventre qui vous secoue profond, vous déride les mœurs en des bémols moqueurs, lorsque le spleen s’éprend d’un trop grand appétit et que les larmes féroces reviennent à la charge, kamikazes, suicidaires.

Voyez comme elles se veulent volontaires, audacieuses ! Elles se collent à mes joues , se glissent dans mes rides, s’agrippent  à mes lèvres, elles ignorent ma foi , écrasent mes croyances d’un dédain carnassier.

Comme un désir furieux d’absorber leur liqueur, entreprendre leur source à coups de langue moqueuse, que le désert assiège la mélancolie et que périssent les peaux de vaches , nourrices de ces tyranniques armées .

En mon nœud trémulent les secousses, trépignent les impatients , mes pieds frappent  la terre , ne pas rendre les armes quitte à mordre le sol, la mort viendra bien assez tôt. 

Lub...........na !!!!!!!!!!!!!

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mardi 29 mai 2007

Interne moi !

Il est là ce mal
Implacablement fou
Ce venin maladif
Eclopé de mes pleurs
Qui blesse l'animal
En des flots de courroux
Et multiplie ainsi
L'objet de mes rancœurs.

.Il suinte ce fiel
Indiciblement moi
Ce poison mauvais
Vétéran de mes peurs
Qui salit mes émois
En des vagues affolées
Et m'absout aux terreurs
De mon propre reflet.

Il épuise ce crime
Terriblement soi
Ce délit inavouable
Secrète meurtrissure
Qui se joue détestable
Au dépend d'autres lois
Et renaît pourriture
De crainte d'être oublié.

Il est haine ce mal
Détestablement lourd
Cet ennemi ancien
Nourri de mes frayeurs
Qui bascule en sourd
L'objet de mon ampleur
En un coupable chagrin
De fautes désinhibées


.

Que je crache ces mots
Du tumeurs assassines
En un profond tombeau.
Les vautours en leur temps
Firent du bon boulot.
L'esprit est déchirant
Lorsqu'il ne vaut pas une rime
Juste un vieux clou rouillé
Un esse à mille tourments
Où suspendus fragiles
Les orteils dans le vide
Ma conscience vacille
Au gré de l'insultant.
Je ne veux plus me pendre
Aux basques de ces rapaces
Ils sont indignes du ciel
Auquel je veux prétendre
Internent mon substantiel
En une prison de glace.

ad vitam et terme âme
est interne ce mal
ces patriarches lames
ces fratricides oedèmes
lesquels, obscurs, s'acharnent,
à briser tout poème,
affaiblir sans égal,
aux tendres commissures,
la douceur idéale
le convoité diadème,
l'ubuesque posture,
de la reine en échec
et mate souverains...

Lubna

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lundi 14 mai 2007

Hoops

J’ai comme un chien dans la gorge, une angoisse de travers, une asphyxie de trop, un trop plein de carbone. Mon plexus est lunaire, accroché à l’envers, abaissé en mes creux, je veux du rose, je vois bleu, je broie le gris faute de disette.

J’ai comme un cabot dans la malle, un cerbère affamé, un monstre trop hideux qui hurle à qui le veut, qu’il ne veut plus m’entendre.

Je veux du rose, je vois du feu et des fourmis qui piaillent en mes mains trop polies.

Laissez moi mordre le ciel , allez une seule fois, rien qu’une seule !

Promis ensuite, je ferme ma g….. ?

Lubna

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mardi 8 mai 2007

L'heure H

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Attendre
Sous la pluie qui ne cesse de me rabattre les oreilles en de sourds clapotis et diluviennes métamorphoses
Laquelle me perce la peau, humidifie mes maux d'une symbolique arthrose
Je veux du soleil , un peu, en paix , indéfectible pause.

Patienter
Que l'hier psychopathe finisse son sale boulot, d'assassin de confiance, de terreurs en séries
Le silence des Étaux tuera bien l'Hannibal, pervers anthropophage de mes larmes et boyaux,
La peur , qui cannibale , dévorait mes envies
Je touche des doigts, l'heure H

Guetter
De derrière ma fenêtre, un nouvel horizon, qui de gris se déleste pour de primaires bonheurs, l'aquarelle d'un arc , laquelle s'arrondit, en d'étranges couleurs, sous un ciel plus clément ,
Que passe l'orage , l'éclaircie veut me séduire de ses plus beaux rayons.

C'est l'effet papillon
Le miroir aux pirouettes
De la poudre d'alouettes
Sur mauvaises intentions

Un rail inoffensif
D'une trame nommée « Exit »

Soupirail sélectif
De larmes trop explicites

C'est l'affect, empirique
Une poubelle à bourdons
Une benne d'inactions
Décharge de pathétique

Une route désaffectée
D'un salaire de rancœur

Les tyranniques pavés
D'une ruelle sans saveur.

Croquer le marmot
Au creux d'hivers frileux , se réchauffer aux flammes , alimenter le feu d'encombrantes embûches, lesquelles finiront en braises rougeoyantes
Serviront le tatouage d'autres dermes faméliques
Ne suis plus du troupeau, mon marquage est unique
L'âme ne suit plus le cours des bourses, ses titres chutent au point zéro.
Sur pointe des pieds, frôler l'heure H.

Présager
Qu'au fond des sacs, les trousses sont vides
La plume est sèche , le cœur aride.
Que le chat reste perché en ses contes oniriques, Delphine a bien grandi, Marinette est maman
Le temps des cerises barbouille d'autres bouches,
Trop chassé, le loup devient farouche
La belle s'endort toujours au bois des ignorants.
Toutefois, dans les besaces, Panache a survécu, accroché à l'imaginaire, mon rêve solitaire, le plus beau des diamants,
En noisettes repus, il trotte dans ma tête, en une contine sucrée de comiques zézaiements.
Je veux du miel ,un peu, en paix, en élastique prose.

Et goûter à l'heure H
De ce moelleux fructose
Un carré qu'on détache
Une douceur que l'on croque
Une délicate chose
Au sein des pires breloques.

S'extasier en l'heure H…

Lubna

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jeudi 19 avril 2007

chronique d'une petite mort

Demandez-moi laquelle choisir, je ne saurais pas tendre la main vers une couleur précise, la tentation dans tout ce qu’elle a de blasphématoire, de tous les cris, de toutes les rages contenus, étouffés, suspendus… j’ai comme une envie de régurgiter tout cet arc-en-ciel, de le cracher très loin, haut, si haut que vous n’en verriez plus qu’une palette nuancée selon vous et rien que vous.   

Quant à moi, je n’y verrais que du feu.

Je tourne le dos à tout ce qui me contraint, en y laissant de gros sacs ventripotents gorgés de sacrifices, les miens, les vôtres, les plus beaux rêves déchus, les maladies sévères, les abcès trop matures, l’amour et ses complaintes.

La page est encore affamée, elle en redemande la garce, que de jouissances vécues sous un joug bien sadique, aimer à se miner, se plaire aux larmes, s’entendre gémir lorsque le fouet ne cesse de s’abattre sur toutes les craquelures, et hurler de plaisir de s’écouter mourir.

Faites donc le choix des plus belles paroles, je ne saurais le dire aussi bien que mes râles, je ne saurais me taire si c’est pour vous mentir.

J’ai comme une passion, ogresse, carnivore, la passion de gueuler là où vous me faites mal, au plus près de mes plaies, de mes fratricides saisons, de ce que l’on souhaite gommer si ce n’est au couteau, que ce soit à la hache, sans compassion aucune, sans pitié pour soi même, nulle concession en ce qui est obscène, purulent et grossier.

N’être d’aucun bord, vaciller, osciller, comme saoul, aviné, de cet alcool mauvais qui rend les langues acerbes, lesquelles crachent en vos gueules l’argot le plus torride.

Je vous aime tant.

Quitte à vous surprendre, que vous me détestiez bel et bien !

Qu’on en finisse, pathos s’engraisse, s’empiffre de gouffres plaisirs, à la longue, ils m’écœurent, au plus court, je les pends comme je pends mes lèvres à la haine, au dégoût.

Ma bouche se plait bien mieux à l’inconscience des peaux, à la vôtre, à la mienne, je lève cette coupe qui se saborde. J’ai soif ! j’ai soif et j’en crève, tous les jours un peu plus, tous les soirs un peu mieux.

La lie du pourpre, violacée et violente que conjuguent les mots du plus bel imparfait, et d’un conditionnel qui ne sait que piaffer, écumant tel un hongre châtré à la saillie.

Ce rouge souverain, puissant , considérable sera t-il cette teinte à ma fresque jetée ?

La folie, la douleur s’inscrit dans le nocturne, le noir et l’obscur….pourquoi dire de la nuit , de ces heures , les plus belles , qu’elles ne consacreraient que les unions maudites.

Les miennes vous négligent, vous perdront , si ce n’est dans la tentation carmélite, celle du pourpre suffira à ma sueur.   

Lubna

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jeudi 5 avril 2007

Pleine Lune

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                          Au clair de la lune se mangent les peaux, lorsque le temps cadence le pas d’un va et vient, grande aiguille soliste, qui du cadran humain compte les marches à suivre, les heures creuses, les doutes, affouille les regrets d’un œil calculateur puis somme à vos esprits d’aller mourir plus loin de cette dignité que seuls les éléphants arborent au seuil du terminus..

Le grand passage ouvre ses tentacules immenses, mille doigts à ventouse détestent votre peur, vous délestent de toutes richesses, de ces rêves terriens où le plaisir gémit, où vos corps s’entrelacent sans y croire vraiment, où les râles se pendent à tous les crépuscules, tout cela dans une semblable et sempiternelle symphonie, laquelle se décompose, s’attriste et crie au viol, dès que la rage se plait à vouloir en découdre, que d’un ongle vengeur, se désigne l’absence, les pantomimes grotesques, le désir d’autres terres et l’amour en dessous.

A l’ombre des mémoires se plaisent les larmes, lorsque le sens hoquète, le cœur suffoque encore, la bouche grande ouverte, les yeux écarquillés, le manque d’air le ronge, le souffle se fait court, il risque l’asphyxie faute de mal s’éprendre, il risquera la mort sans même sourciller.

Non loin se tiennent les rives, obscures et mal aimées, ces amers qui agacent vos consciences éthérées, votre fureur de vivre, vos jouissances éphémères. Mille regards vous affligent, échancrent et vous dénudent, à tel point que vos chairs ne cessent de saigner, que vos peines hémophiles en un flot indomptable iront grossir le nid d’autres  marées humaines.   

L’embarcadère est frêle, mité tel une éponge, et d’écoper encore, vos tasses souveraines s’escriment…en vain. Le geste est immuable, saccadé et bien lourd, d’un poids que seul le ciel est à même d’alléger. Pour peu que l’on puisse croire…

La noyade menace, le naufrage est patient, les vagues plissent le pire en un trou de dix mètres, le vent hurle et ordonne la prochaine mise à mort. J’en ai mal aux côtes.

Que mugisse la houle, que s’échoue l’albatros en des chutes grotesques, maladroites, et rompues, que les sirènes chantent leurs complaintes surannées, naïades délétères , verdâtres méduses assermentées au plus beau des mensonges, je suis et reste saoule, aveugle à la beauté, titubant sous le joug d’un écho trop absent…

Plait au leurre qu’il s’invente , heureux et aguicheur, vous ne verrez toujours que la surface lisse, le plat d’une paume baisée, le miroir aux alouettes, et autre poudre aux bleus.

Nul pardon concédé à ce qui en moi meurt, l’innocence me ronge , les abstractions me blessent, les fausses paroles me tuent à petit feu.

Au clair de la lune se vendent les maux, lorsque le temps se veut habile et magicien. Endormez vous  encore contre de douces fables, Judas n’est jamais loin…             

Lubna

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jeudi 21 décembre 2006

Carla

rejane_portrait

Ô Carla, petite estrella,
je pensais tout savoir,
de ta vie, tes faux pas,
de ton bout de trottoir,
de cette nuit de grand froid,
où perdue et souffrante
près du camp des sans terres,
face au sol, innocente,
ton souffle au vent donné,
fut repris puis volé
à mon coeur solitaire

Ô Carla, fragile estrella,
pâle étoile au taillis,
mutilée , qu'on délaisse,
frêle enfant en sursis,
blessée de basses caresses,
de celles que l'on terre,
de celles qui nous tachent,
à jamais, trop sévères,
en nos bouches, cravachent
les plus belles syllabes
au verbe aimer servies

Ô Carla, chétive estrella,
de ces heures, aucun rabe
à ton corps , concédé,
j'entends dès lors tes cris
j'aimerais ta main, serrer,
en ma paume mendiante,
de mes larmes tiédir
la brûlure en ton ventre,
sur ta peau, sur tes tempes,
de tendresse , adoucir,
la violence qui serpente.

Ô Carla, petite estrella,
je croyais , de l'histoire,
avoir tout pardonné,
je savais des trottoirs,
l'illusion, les pavés,
ces âmes à l'abandon,
qui des rêves , trop , s'éloignent,
quand le sale les empoigne
sans aucune concession,
au fossé, les dépose,
au taillis , les enterre,
et que gémit l'hiver
de voir mourir les roses.

Lubna

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